Près de 10 millions d’euros : l’institut brestois qui prépare l’éolien en mer de demain

L’institut de recherche France Energies Marines a annoncé le 7 octobre le lancement, cet automne, de quatre nouveaux projets de recherche et d’innovation sur l’éolien en mer. Objectif affiché : fiabiliser les installations, réduire leurs coûts d’exploitation et mieux les intégrer au milieu marin.

Quatre projets pour fiabiliser l’éolien posé et flottant

Basé à Plouzané, près de Brest, France Energies Marines (FEM) coordonne la plus grande équipe française de recherche et développement dédiée à l’éolien en mer. Les quatre projets annoncés répondent, selon l’institut, à des besoins opérationnels identifiés avec les industriels membres et partenaires, en France comme à l’international.

Le premier, baptisé ACT NOW, vise à rendre opérationnels des outils de modélisation permettant d’évaluer les effets cumulés des parcs éoliens et des autres activités humaines sur les écosystèmes marins. Ces modèles, qui s’appuient sur plus de dix ans de recherche, seront transférés à la filière sous forme de méthodologies et de logiciels utilisables dans les études environnementales et l’aide à la décision.

Le second, GLAMOOR, s’intéresse à la dégradation dans l’eau de mer du polyamide 6, une fibre synthétique de plus en plus utilisée pour les lignes d’ancrage des éoliennes flottantes, en remplacement des chaînes en acier plus lourdes. Une première série de recherches, lancée en 2017, avait déjà identifié les principaux mécanismes de défaillance de ces cordages ; GLAMOOR doit désormais documenter leur comportement mécanique et leur résistance à la fatigue sur de longues périodes.

Le troisième projet, QUANTUM, cherche à standardiser le suivi de la biocolonisation, c’est-à-dire la colonisation des structures immergées par des organismes vivants. Il doit déboucher sur une méthode d’analyse automatique d’images pour identifier les espèces, ainsi que sur une expérimentation grandeur réelle de structures éco-conçues destinées à renforcer l’effet récif des parcs éoliens.

Enfin, TULIP doit permettre de mesurer plus finement l’intensité de la turbulence par lidar, une donnée qui influence directement les charges subies par les éoliennes et le calcul de leur production. Moins coûteux que les mâts de mesure installés en mer, les lidars restent complexes à exploiter, en particulier sur les plateformes flottantes. Ce projet s’inscrit dans une série de recherches sur le sujet engagée depuis 2021, et doit déboucher sur un logiciel capable de fournir des mesures fiables, avec une précision conforme aux normes de l’industrie, aussi bien à partir de capteurs fixes que de lidars embarqués sur des flotteurs.

Chacun de ces quatre projets prolonge ainsi des travaux antérieurs menés par l’institut : ACT NOW capitalise sur plus d’une décennie de modélisation environnementale, GLAMOOR poursuit une série engagée en 2017 sur le vieillissement des cordages synthétiques, et QUANTUM s’appuie sur les premiers suivis de biocolonisation déjà conduits sur des parcs existants. Cette continuité est présentée par l’institut comme un gage de robustesse scientifique, à l’heure où la filière cherche à réduire ses coûts pour rester compétitive face à la concurrence internationale.

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33 partenaires et près de 10 millions d’euros d’investissement

Au total, ces quatre projets mobilisent 33 partenaires publics et privés pour un investissement global proche de 10 millions d’euros. Le communiqué de l’institut ne détaille pas la répartition de ce budget entre les quatre chantiers de recherche.

Projet Thématique
ACT NOW Effets cumulés des parcs éoliens sur les écosystèmes marins
GLAMOOR Vieillissement des ancrages synthétiques en polyamide 6
QUANTUM Standardisation du suivi de la biocolonisation
TULIP Mesure de la turbulence par lidar fixe et flottant

Pour Jean-François Filipot, directeur scientifique de France Energies Marines, l’institut « accélère le développement de l’éolien en mer » grâce à des projets collaboratifs qui améliorent la compétitivité des parcs, fiabilisent les systèmes et favorisent leur intégration dans les écosystèmes marins.

Un cinquième projet déjà dans les tuyaux : les éoliennes XXL

France Energies Marines travaille déjà à la préparation d’un cinquième projet, baptisé UPSCALE, consacré aux éoliennes de plus de 20 MW, qui dépassent aujourd’hui 300 mètres de hauteur. À cette échelle, les profils de vent restent mal caractérisés, et les normes de conception actuelles pourraient devoir être revues.

L’institut situe cette annonce dans un contexte de tensions énergétiques et d’effets croissants du changement climatique, qui rendent selon lui indispensable le déploiement massif des énergies renouvelables. En misant sur des synergies entre acteurs académiques, centres de recherche et industriels, France Energies Marines entend contribuer à la fois à la compétitivité et à la fiabilité de la filière éolienne en mer française, posée comme flottante, alors que plusieurs parcs commerciaux sont encore en développement sur les façades atlantique et méditerranéenne.

L’institut, installé à Plouzané depuis sa création, revendique le statut de plus grande équipe française de recherche et développement multidisciplinaire dédiée à ce secteur. Il met également en avant les collaborations qu’il noue avec d’autres structures comparables à l’étranger, un positionnement qui s’est traduit ces derniers mois par plusieurs annonces successives : un projet de raccordement électrique flottant pour l’éolien en eaux profondes, une alliance internationale sur l’éolien flottant, ou encore la coordination d’un projet européen de recherche sur le développement durable de la filière offshore. Les quatre projets ACT NOW, GLAMOOR, QUANTUM et TULIP s’ajoutent ainsi à un portefeuille de recherche déjà dense, qui doit continuer à s’enrichir dans les prochains mois.

Sources

  • France Energies Marines : communiqué de presse officiel du 7 octobre 2026 détaillant les quatre projets ACT NOW, GLAMOOR, QUANTUM et TULIP, leurs objectifs, le nombre de partenaires et le budget global.
  • Mer et Marine : reprise de l’annonce confirmant le calendrier de lancement à l’automne 2026.