8 térawattheures de plus : le nucléaire sauve le semestre d’EDF, mais pas ses prévisions 2026

Sur le papier, le premier semestre 2026 d’EDF a tout du bon élève : production en hausse, nucléaire français au rendez-vous, endettement stable. Mais l’énergéticien table déjà sur une année plus compliquée, pénalisée par la baisse des prix de marché et les canicules.

Une production nucléaire en nette hausse

Réuni le 30 juillet 2026 sous la présidence de Bernard Fontana, le conseil d’administration d’EDF a arrêté les comptes consolidés du premier semestre, publiés le lendemain. Le groupe a produit 262,1 TWh d’électricité sur la période, dont 189,9 TWh de production nucléaire en France, un chiffre en hausse de 8 TWh par rapport au premier semestre 2025. Le chiffre d’affaires ressort à 57,4 milliards d’euros.

Centrale nucléaire de Chooz

« Le premier semestre 2026 est marqué par des résultats opérationnels et financiers conformes à nos attentes. Ces résultats traduisent la mobilisation du Groupe pour satisfaire ses clients, accompagner l’électrification des usages et améliorer durablement la performance opérationnelle, avec une production en hausse, notamment la production nucléaire en France pour 8 TWh par rapport au premier semestre 2025 », a déclaré Bernard Fontana, président-directeur général d’EDF, dans le communiqué du groupe. Il a également indiqué qu’à l’occasion des 80 ans d’EDF, le groupe mobilise 350 millions d’euros pour accélérer l’électrification du logement, des transports et de l’industrie.

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Un Ebitda en recul malgré la bonne performance opérationnelle

Derrière ces indicateurs de production, les résultats financiers marquent le pas par rapport au premier semestre 2025. L’Ebitda s’établit à 14,1 milliards d’euros, contre 15,5 milliards d’euros un an plus tôt, dans un contexte de baisse des prix de marché de l’électricité. Le résultat net courant recule à 4,0 milliards d’euros (contre 5,5 milliards d’euros au premier semestre 2025), tandis que le résultat net part du groupe s’élève à 5,2 milliards d’euros (contre 5,5 milliards d’euros), porté notamment par la variation de juste valeur des actifs dédiés.

Le cash-flow opérationnel ressort à 2,6 milliards d’euros, et le cash-flow global à 1,1 milliard d’euros (contre 4,3 milliards d’euros au premier semestre 2025, qui avait bénéficié d’une prime d’émission de 2 milliards d’euros versée par l’État). L’endettement financier net reste stable à 51,5 milliards d’euros, pour un ratio dette nette sur Ebitda de 1,8, en ligne avec l’objectif de 2,5 fixé par le groupe pour 2027.

Des prévisions 2026 revues à la baisse

Pour l’ensemble de l’année 2026, EDF anticipe désormais un Ebitda en baisse de l’ordre de 10 % par rapport à 2025, notamment dans un contexte de baisse des prix de marché et de canicules. Le groupe maintient toutefois ses objectifs de production nucléaire en France, estimée entre 350 et 370 TWh en 2026 et 2027, puis entre 345 et 375 TWh en 2028, avec un objectif de long terme de plus de 400 TWh.

Les investissements nets atteignent 11,4 milliards d’euros sur le semestre, stables par rapport à 2025, et sont consacrés principalement au programme Grand Carénage de prolongation de la durée de vie des réacteurs français, au chantier britannique d’Hinkley Point C et au programme EPR2 de nouveaux réacteurs. EDF a par ailleurs émis plus de 5,1 milliards d’euros d’obligations sur le semestre, dont 2,75 milliards d’euros d’obligations vertes destinées à financer la prolongation du parc nucléaire français et Hinkley Point C. Le dividende au titre de l’exercice 2025, d’un milliard d’euros, a été versé le 30 juillet 2026.

La trajectoire du groupe pour la deuxième moitié de l’année dépendra largement de l’évolution des prix de marché de l’électricité et de la fréquence des épisodes de canicule, deux facteurs qui pèsent directement sur la disponibilité et la rentabilité du parc de production, alors que les grands chantiers industriels (Grand Carénage, EPR2, Hinkley Point C) continuent d’absorber l’essentiel des investissements du groupe.