La demande explosée pour les casseroles Cristel sans PFAS oblige le fabricant à augmenter sa production en 2026

Dans un contexte où de nombreuses entreprises industrielles françaises rencontrent des difficultés, un fabricant d’ustensiles de cuisine haut de gamme, établi dans le Doubs, subit une forte pression due à la demande.

Cette société familiale de Fesches-le-Châtel est sur le point de finaliser la livraison d’un nouveau hall logistique d’une valeur de 5 millions d’euros, tout en préparant une augmentation de sa capacité de production, prévue pour l’année prochaine.

Cristel France

Pour soutenir sa croissance, le fabricant d’ustensiles de cuisine en inox, Cristel, investit 12 millions d’euros dans l’installation d’une nouvelle ligne de production dans une usine située face à son site actuel. L’entreprise, qui se trouve dans le Doubs, envisage aussi de recruter au moins 30 personnes au cours des trois prochaines années.

30 années d’histoire

Cristel, qui produit casseroles, poêles et autres matériels de cuisine depuis 30 ans, va acquérir une friche et ériger un bâtiment avec un investissement de 12 millions d’euros, avec l’objectif d’être opérationnel d’ici la mi-2028 à Fesches-le-Châtel.

L’acquisition de cette friche représente une véritable revanche pour Cristel et ses 133 employés. L’entreprise a traversé des épreuves : fermée en 1979, Japy a été relancée trois ans plus tard par ses anciens salariés qui ont créé une coopérative. Cependant, la SCOP (société coopérative et participative) a connu des difficultés, telles que la vente de la marque et la perte de son fichier clients, ce qui l’a conduite à un redressement judiciaire en 1987. Pour préserver leur outil de travail, Bernadette Dodane, comptable, et son époux, Paul, l’inventeur de la poignée amovible, ont repris l’entreprise en hypothéquant leurs maisons. Actuellement, Cristel est toujours entre les mains de la famille, impliquant trois générations, avec quelques associés, toutes des personnes physiques, qui complètent l’actionnariat.

Tendance sociétale

À la différence d’autres chefs d’entreprise, Bernadette Dodane, toujours présidente, ainsi que Paul et leur descendance, ont vu l’activité prospérer durant la pandémie, période où de nombreuses personnes se sont mises à cuisiner avec plus de sérieux. Grâce aux réseaux sociaux, à quelques influenceurs et au lancement de nouvelles gammes, le chiffre d’affaires de Cristel a explosé passant de 16 millions d’euros en 2020 à 33 millions en 2025.

Parallèlement, le scandale des PFAS, substances chimiques présentes dans le revêtement des poêles antiadhésives, a également favorisé la marque. En effet, la qualité des poêles en inox permet une cuisson sans risque, même sans revêtement. La production de ce type de poêle a ainsi augmenté de 140 % depuis 2020. L’entreprise continue toutefois de produire des poêles antiadhésives, toujours très appréciées à l’étranger, où les consommateurs sont moins sensibilisés aux dangers des polluants persistants.

Pour les amateurs du « made in France », Cristel remplit également plusieurs critères. Environ 70 % de l’inox provient d’un métallurgiste français, et presque tous les composants et accessoires tels que les poignées et les boutons de couvercle viennent de fournisseurs situés à moins de 150 kilomètres du Doubs. Ainsi, 92 % des ustensiles de la marque sont fabriqués en France.

De plus, l’inox utilisé est à la fois recyclé et recyclable, et les produits sont garantis à vie. Depuis 1993, les poêles revêtues peuvent également être rechapées (refaire l’antiadhésif) pour prolonger leur durée de vie.

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Pas un pic, mais un palier selon Critel

Ces atouts ont permis à la PME française de se distinguer sur un marché saturé par des ustensiles à bas prix, souvent fabriqués en Chine.

L’augmentation de la production, atteignant entre 2 000 et 2 500 pièces par jour, a nécessité une réorganisation du travail. La ligne d’emboutissage opère toujours en deux équipes, mais la majorité de la fabrication, incluant le polissage, le montage des poignées de casseroles ou des ailettes des marmites, ainsi que l’emballage, doit désormais fonctionner avec un rythme en 3 × 8 pour satisfaire la demande.