4,2 milliards de dollars : EDF vend ses renouvelables nord-américains au fonds KKR

EDF a signé fin juin un accord avec le fonds américain KKR pour lui céder l’ensemble de ses activités renouvelables aux États-Unis et au Canada. Une opération à 4,2 milliards de dollars qui doit alléger la dette du groupe et financer, en creux, son grand pari sur le nucléaire.

Un accord signé avec le fonds KKR

Le 30 juin 2026, le groupe EDF a annoncé la signature d’un accord de cession au fonds d’investissement américain KKR portant sur ses activités d’EDF power solutions aux États-Unis (EDF power solutions Inc) et au Canada (EDF power solutions Canada Inc), selon le communiqué officiel publié par EDF. Cette signature fait suite à une promesse unilatérale d’achat de KKR et à l’autorisation donnée par les organes de gouvernance du groupe français.

La transaction valorise les activités nord-américaines d’EDF power solutions à un prix d’environ 4,2 milliards de dollars en valeur de titres, assorti de compléments de prix pouvant atteindre 0,39 milliard de dollars supplémentaires selon la performance future des actifs. Le portefeuille cédé représente 5,6 gigawatts d’actifs renouvelables nets (centrales de production, stockage par batteries, recharge de véhicules électriques et micro-réseaux), au 31 mars 2026.

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Un allègement de dette pour financer le nucléaire

Selon EDF, cette cession permettrait de réduire la dette financière nette du groupe d’environ 5,5 milliards de dollars. L’opération reste soumise à l’obtention des autorisations réglementaires requises aux États-Unis et au Canada, et pourrait être finalisée au cours du second semestre 2026.

Le président-directeur général d’EDF, Bernard Fontana, a justifié la manœuvre dans le communiqué du groupe : « Cette opération s’inscrit dans la stratégie de rotation de portefeuille du Groupe. L’objectif est de maximiser la capacité financière d’EDF afin de déployer de nouvelles solutions compétitives et bas-carbone dans les activités d’excellence opérationnelle du Groupe, le nucléaire, l’hydraulique et les renouvelables. » Autrement dit : vendre des actifs renouvelables outre-Atlantique pour muscler les moyens financiers consacrés au nucléaire tricolore.

Ce choix intervient alors qu’EDF doit financer la construction de six nouveaux réacteurs EPR2 sur le sol français, un programme dont le coût est désormais estimé à 72,8 milliards d’euros. Le groupe a par ailleurs publié fin juillet des résultats semestriels jugés solides, avec une hausse de sa production nucléaire en France et un flux de trésorerie positif permettant de stabiliser sa dette financière nette.

Une stratégie de recentrage assumée

La cession n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans un mouvement plus large de rotation de portefeuille engagé par EDF, qui consiste à céder des actifs matures ou non stratégiques à l’étranger pour concentrer ses investissements sur ses métiers historiques, le nucléaire et l’hydraulique en France, ainsi que les renouvelables jugées prioritaires. Le groupe reste par ailleurs actif dans l’éolien en mer et d’autres énergies marines en France, des filières qu’il ne retire pas de sa stratégie, seules les activités nord-américaines de power solutions étant concernées par la vente.

Pour KKR, cette acquisition confirme l’appétit des grands fonds d’investissement américains pour les actifs de production d’électricité renouvelable, jugés porteurs malgré les incertitudes réglementaires qui pèsent sur le secteur outre-Atlantique depuis le retour de l’administration Trump.

La cession EDF-KKR en chiffres
4,2 milliards $ Valorisation de la transaction en valeur de titres
0,39 milliard $ Montant maximal des compléments de prix additionnels
5,5 milliards $ Réduction de dette nette attendue pour EDF
5,6 GW Portefeuille d’actifs renouvelables nets cédé (au 31 mars 2026)
72,8 milliards € Coût estimé du programme des six futurs EPR2 en France

La finalisation de l’opération, attendue d’ici la fin de l’année 2026 sous réserve des feux verts réglementaires américains et canadiens, marquera une étape supplémentaire dans le recentrage d’EDF sur le nucléaire français. Reste à voir si ce mouvement de rotation de portefeuille se poursuivra sur d’autres marchés internationaux du groupe, à l’heure où la facture des six EPR2 continue de grimper et où l’État actionnaire attend des résultats concrets sur la relance de la filière nucléaire nationale.

Sources