Brandt à Cergy-Pontoise : l’ambitieux projet de relocalisation d’électroménager haut de gamme en 2026

L’avenir de Brandt, entreprise en liquidation, dépend des offres qui se concentrent principalement sur ses marques et ses stocks, laissant peu d’espoir pour une véritable reprise industrielle.

Chaque jour, les chances de voir les usines de Brandt redémarrer diminuent. Bien que 36 candidats se soient manifestés pour reprendre des actifs de ce leader du secteur électroménager français, liquidé en décembre, la majorité d’entre eux se limitent à l’acquisition des marques et des stocks.

Parmi les propositions, l’une des plus prometteuses sur les aspects industriel et social vise à relancer le site de Brandt situé à Saint-Ouen-l’Aumône (Val d’Oise) en reprenant 85 des employés pour recommencer la production d’électroménager. Cette initiative est dirigée par la Semavo, une société d’économie mixte affiliée au département du Val-d’Oise, en collaboration avec l’industriel Joseph Francis.

Brandt Saint-Ouen-l’Aumône

Du service après-vente à la fabrication. Telle pourrait être l’évolution du site de Brandt à Saint-Ouen-l’Aumône, qui, avant la liquidation, était dédié à la logistique et à la réparation d’appareils électroménagers. Ce site a donc reçu moins d’attention médiatique que ceux de Vendôme (Loir-et-Cher) et Saint-Jean de la Ruelle (Loiret), où se concentrait la production.

Bien que beaucoup des 36 candidats potentiels, cherchent à acquérir des actifs limités comme des marques, des stocks ou des terrains, quelques-uns visent à reprendre une partie de la main-d’œuvre afin de relancer la production. C’est le cas de l’offre de Joseph Francis, ancien dirigeant de Comeca, fabricant d’armoires électriques qui comptait 1100 employés et affichait un chiffre d’affaires de 153 millions d’euros en 2012, juste avant qu’il ne cède la direction à un ancien cadre de Schneider Electric.

Lire en complément: Brandt en difficulté : les offres déposées peu convaincante ?

Se tourner vers le haut de gamme

Alerté par la liquidation judiciaire de Brandt, cet entrepreneur passionné par l’industrie a pris contact avec l’ancienne équipe de direction du fabricant d’électroménager pour analyser les causes de cet échec. Son évaluation est sévère : l’entreprise était surdimensionnée et trop coûteuse. « Chaque année, Brandt brûlait dix millions d’euros, et 20% du personnel était en trop, critique-t-il. Mais ce n’était pas la faute des salariés, il n’y avait simplement pas de vision ».

Avec les anciennes équipes de Brandt et des fournisseurs de machines, l’entrepreneur a élaboré un projet pour établir une nouvelle usine compétitive et spécialisée.

Le soutien de l’agglomération de Cergy-Pontoise

Pour mettre en œuvre son projet, l’entrepreneur espère bénéficier du soutien des banques et de la région Île-de-France, mais surtout de l’agglomération de Cergy-Pontoise. Celle-ci a sollicité la Semavo afin de proposer un rachat du terrain sur lequel se trouve le site.

Le projet consisterait à acquérir les six hectares du terrain pour un montant de 15 millions d’euros, avec l’intention de le louer aux équipes de Brandt pour relancer d’abord une activité de service après-vente avec 85 salariés, puis, dans un second temps, de démarrer la production d’électroménager haut de gamme, en employant 195 personnes. Sur ces six hectares, trois sont déjà occupés, tandis que les trois autres sont artificialisés, permettant ainsi d’envisager le développement d’une nouvelle activité industrielle, potentiellement liée à celle de Brandt.

Bien que cette initiative représente l’un des derniers espoirs pour la relance de la production de Brandt, il est encore prématuré de se réjouir. D’abord, le tribunal de commerce de Nanterre doit rendre son verdict à une date qui n’a pas encore été communiquée, concernant la reprise du site de Saint-Ouen-l’Aumône, plusieurs concurrents étant toujours en lice.

Ensuite, le Conseil régional d’Île-de-France doit donner son approbation au soutien du projet de Joseph Francis, tandis que la Société Générale doit lui accorder un prêt.