Le procès de Marine Le Pen : une décision qui pourrait bouleverser le paysage politique en France

Le procès se conclut aujourd’hui avec les plaidoiries de la défense de la leader des députés RN ainsi que les derniers mots des accusés. Moins visible qu’au premier procès, Marine Le Pen, dont l’avenir politique est en jeu, a tenté de persuader la cour d’appel de Paris jusqu’à la fin d’infléchir sa position.

Jour clef pour le RN et surtout pour Le Pen

Ce jour-là, Marine Le Pen apprendra la date à laquelle la cour d’appel de Paris rendra sa décision, vraisemblablement « à l’été », après les dernières interventions de ses avocats qui chercheront à obtenir une relaxe ou, à défaut, une peine moins sévère pour cette quatrième candidature à l’Elysée.

Après quatre semaines d’audition, les trois juges devront répondre à une question d’ordre politique : Marine Le Pen peut-elle se présenter aux élections présidentielles de 2027 ?

La réponse des deux avocats généraux, donnée la semaine précédente, a été négative. Ils ont requis une peine de quatre ans de prison, dont trois avec sursis, la possibilité d’un aménagement via un bracelet électronique, une amende de 100 000 euros et, surtout, cinq ans d’inéligibilité.

Marine Le Pen a déjà fait savoir qu’elle déciderait de sa quatrième candidature immédiatement après l’annonce du verdict d’appel, sans attendre une éventuelle décision de la Cour de cassation.

L’équation est claire : elle ne doit pas être condamnée à plus de deux ans d’inéligibilité et à une peine d’emprisonnement avec sursis.

Cependant, cela s’avère complexe : les réquisitions sont relativement conformes au jugement initial, qui s’inspirait déjà des premières conclusions du parquet.

Lire en complément: Brandt à Cergy-Pontoise : l’ambitieux projet de relocalisation d’électroménager haut de gamme en 2026

A la suite de son père

Les avocats de Marine Le Pen, Mes Rodolphe Bosselut et Sandra Chirac-Kollarik, ont prévu environ deux heures et demie chacun pour se défendre contre cette accusation qui décrit leur cliente comme « l’instigatrice, à la suite de son père, d’un système qui a permis pour le compte du parti de détourner 1,4 million d’euros. »

On lui reproche, ainsi qu’au RN (anciennement le Front national) et à dix autres responsables, d’avoir fait appel à des assistants parlementaires pour les eurodéputés du parti, financés par des fonds européens, alors que leur travail profitait exclusivement au mouvement.

Au début des débats, elle avait laissé entendre un début de mea culpa : « Si un délit a été commis, je veux bien l’entendre. » Mais elle a également affirmé qu’il n’y avait pas d’« intention », comme ses avocats entendent le défendre mercredi.

Les conseils devraient également contester l’infraction de « détournement de fonds publics », qui ne vise que les « agents publics nationaux », tandis qu’ils soutiennent que les eurodéputés sont des agents publics « internationaux ».

Pas un système pour le RN

L’essentiel sera de contester l’idée du « système », qui est au cœur de l’accusation et qui avait justifié lors du premier procès la sévérité des peines.

Les trois arguments ont déjà été largement explorés par les avocats des autres accusés la semaine dernière, rendant les plaidoyers de chacun semblables à une répétition générale. Ces éléments avaient déjà été présentés lors du premier procès, sans succès.

Cela n’a pas empêché Marine Le Pen de conserver sa confiance envers Rodolphe Bosselut, qu’elle a rencontré il y a plus de 30 ans lors de permanences de garde à vue, alors qu’ils venaient tous deux d’obtenir leur diplôme d’avocat.

En l’absence d’un véritable renouveau stratégique, ce second procès s’est déroulé dans une atmosphère beaucoup plus sereine, avec une présidente saluée pour son « écoute » : un petit espoir, aussi mince soit-il, demeure pour une issue favorable.

 

Son visage a depuis révélé des émotions plus graves, car cette salle d’audience, où se dessine une partie de l’histoire de l’extrême droite française, avec des références à Bruno Gollnisch, Wallerand de Saint-Just et régulièrement à Jean-Marie Le Pen, pourrait s’avérer être le cimetière de ses ambitions.

Il est difficile de prédire si la présidente de la cour d’appel de Paris et ses assesseurs, qui prendront leur décision en collégialité, seront enclins à un verdict en faveur de Marine Le Pen et des cadres du RN jugés en appel. Les chances semblent minces de les voir bénéficier d’un changement de situation.

Lorsque leurs réponses étaient inattendues, répétitives et suscitaient parfois des rires, la présidente n’a pas manqué d’exprimer son agacement, laissant échapper quelques soupirs et, à plusieurs reprises, des « Hum », « Bon, bon… », traduisant son scepticisme. Cela n’a pas déstabilisé Marine Le Pen, qui espère encore obtenir une clémence, même relative, et qui ambitionne de se présenter une quatrième fois à l’Elysée.