Le B28 à 320 km/h d’Inde défie le TGV français, une nouvelle ère pour le transport rapide !
Le projet ferroviaire Mumbai-Ahmedabad pourrait transformer le paysage du transport en Inde.
Actuellement, il faut six heures pour parcourir les 508 km séparant Mumbai d’Ahmedabad, ce qui est considérable ! Cependant, le corridor ferroviaire Mumbai–Ahmedabad High Speed Rail (MAHSR) a pour objectif de réduire ce temps à seulement deux heures.
Cette initiative entre dans une étape cruciale, dépassant largement le simple aspect temporel, car le pays le plus densément peuplé du globe aspire à concevoir ses propres trains à grande vitesse. Réussir cette entreprise lui ouvrirait les portes d’un cercle restreint, dont la France est un membre reconnu : celui des fabricants de trains à grande vitesse.
508 kilomètres de ligne à grande vitesse à 320 km/h : un projet ambitieux pour l’Inde
Le MAHSR constitue le premier projet de ligne à grande vitesse de l’histoire des chemins de fer en Inde. S’étendant sur 508 kilomètres, il vise à connecter les métropoles économiques de l’ouest du pays à des vitesses dépassant les 300 km/h, permettant ainsi d’effectuer le trajet en environ deux heures.
Ce projet s’inspire directement du Shinkansen japonais
Cette influence n’est pas fortuite : Tokyo contribue financièrement à une part significative des travaux, grâce à un prêt concessionnel à long terme accordé par la JICA (Japan International Cooperation Agency), faisant du MAHSR un exemple remarquable de coopération bilatérale dans le domaine des infrastructures de transport.
Sur le terrain, les chantiers progressent activement dans les États du Gujarat et du Maharashtra : viaducs, tunnels, stations… les bases d’un réseau qui était inexistant il y a dix ans se concrétisent.
Le train B28 : l’Inde se lance dans la fabrication
Le moment décisif du projet est atteint : les premières rames qui circuleront sur cette ligne pourraient être produites en Inde. Ce train, nommé B28, est conçu pour répondre aux exigences spécifiques du corridor MAHSR, avec une vitesse maximale de 320 km/h. Bien qu’il s’inspire du Shinkansen, il intègre de plus en plus d’éléments de production locale.

Les caractéristiques techniques annoncées promettent un train de haut niveau :
- Aérodynamisme optimisé pour les très hautes vitesses
- Systèmes de sécurité conformes aux normes du Shinkansen
- Grande capacité pour les trajets interurbains rapides
- Confort équivalent aux standards internationaux
La fabrication se fera dans des usines indiennes, grâce à un transfert de technologies établi avec les partenaires japonais. Bien que cela ne représente pas encore une industrie TGV entièrement autonome, c’est la première pierre d’un édifice qui pourrait à terme repositionner l’Inde sur le marché mondial ferroviaire.
Make in India : le rail comme catalyseur industriel
Derrière cette ligne de train se cache une vision industrielle. La politique Make in India, promue par New Delhi depuis plusieurs années, trouve dans le secteur ferroviaire un terrain d’application idéal : l’industrie ferroviaire mobilise l’ingénierie, la métallurgie, l’électronique, les logiciels embarqués et la fabrication de composants, tout un écosystème que l’Inde souhaite consolider.
Le développement des rames B28 s’inscrit dans cette logique. Les bénéfices escomptés sont nombreux :
- Stimuler la filière manufacturière ferroviaire nationale
- Créer de nouvelles chaînes d’approvisionnement locales
- Renforcer les compétences en matière de mobilité à grande vitesse
- Générer des emplois industriels de haute valeur ajoutée
L’objectif à long terme est limpide : passer du statut d’importateur de technologies à celui de producteur, voire d’exportateur. Si la chaîne de production nationale atteint un niveau de maturité suffisant, des entreprises indiennes pourraient à terme se voir impliquer dans des projets ferroviaires internationaux, un scénario qui aurait semblé impossible il y a encore dix ans !
Les véritables changements apportés par le MAHSR et les défis à relever
Si le corridor Mumbai–Ahmedabad réalise ses promesses, il servira de modèle pour un futur réseau national. L’Inde envisage déjà d’autres liaisons à grande vitesse entre ses grandes villes… les axes stratégiques sont nombreux dans un pays de 1,4 milliard d’habitants et aux distances continentales !
Cependant, plusieurs incertitudes subsistent. Les coûts d’infrastructure demeurent importants, la complexité technique du projet est réelle, et les délais de construction ont déjà été repoussés à plusieurs reprises. La réussite du transfert de technologies et la capacité à développer des compétences locales durables seront déterminantes pour l’avenir des ambitions indiennes de rivaliser un jour avec des pays comme la France ou le Japon dans le domaine ferroviaire.
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Un tournant, mais pas encore une révolution
Le projet Mumbai–Ahmedabad marque sans conteste un tournant dans l’histoire des chemins de fer indiens. Pour la première fois, une ligne à grande vitesse est créée, des rames sont fabriquées localement, et c’est un véritable test pour la politique Make in India dans un secteur technologique avancé.
La grande vitesse ferroviaire ne modifie pas uniquement les temps de trajet — elle redessine des territoires, redirige des flux économiques, et révèle l’ambition d’un pays.
L’Inde a décidé d’affirmer sa volonté d’influencer ce secteur prestigieux, et l’avenir s’annonce prometteur !
Un secteur très concurrentiel pour les trains à grande vitesse
Le marché mondial des trains à grande vitesse continue de croître régulièrement, soutenu par les investissements dans les infrastructures ferroviaires et la recherche d’alternatives au transport aérien sur les trajets de moyenne distance. D’après les analyses sectorielles, ce marché représentait environ 41 milliards d’euros en 2021 et pourrait atteindre près de 53 milliards d’euros en 2025, avec une estimation à presque 87 milliards d’euros d’ici 2033.
Les technologies se classifient en différentes grandes catégories : TGV européen, ICE allemand, Shinkansen japonais, trains pendulaires et à lévitation magnétique. Les investissements concernent à la fois la modernisation des lignes classiques et l’établissement de lignes dédiées à très grande vitesse.
Sur le plan géographique, l’Amérique du Nord devrait capturer la plus grande part du marché en 2025 (41,8 %), suivie par la région Asie-Pacifique (24,5 %) et l’Europe (17,3 %). La Chine domine largement le marché asiatique avec près de 35 % de part, tandis que l’Europe est structurée autour de plusieurs acteurs historiques tels que la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.
Tableau récapitulatif du marché mondial du train à grande vitesse
| Pays | Système de train à grande vitesse | Année de mise en service | Longueur du réseau (km) | Vitesse commerciale maximale | Principales villes reliées | Remarques |
|---|---|---|---|---|---|---|
| France | TGV (Train à Grande Vitesse) | 1981 | ≈ 2 760 km de lignes à grande vitesse | 320 km/h | Paris, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Strasbourg | Premier réseau européen structuré autour de Paris avec des lignes LGV dédiées |
| Allemagne | ICE (InterCity Express) | 1991 | ≈ 1 630 km de lignes rapides | 300 km/h | Berlin, Munich, Francfort, Cologne, Hambourg | Réseau mixte utilisant à la fois des lignes nouvelles et modernisées |
| Japon | Shinkansen | 1964 | ≈ 3 100 km | 320 km/h | Tokyo, Osaka, Nagoya, Sendai, Hiroshima | Premier réseau de train à grande vitesse au monde, réputé pour sa ponctualité |
| Espagne | AVE | 1992 | ≈ 3 900 km | 310 km/h | Madrid, Barcelone, Séville, Valence | Plus grand réseau de train à grande vitesse en Europe |
| Chine | CRH / Fuxing | 2008 | ≈ 45 000 km | 350 km/h | Pékin, Shanghai, Guangzhou, Wuhan | Plus vaste réseau à grande vitesse au monde |