Industrie navale : 17,1 Md€ de CA, record en 2025 et enchaîne sa 5e année de croissance
Réuni en assemblée générale le 8 juillet à Paris, le GICAN a présenté un bilan 2025 record pour l’industrie navale française : 17,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 38 milliards d’euros de prises de commandes.
Une cinquième année de croissance consécutive
Le Groupement des industries de construction et activités navales (GICAN), syndicat professionnel de la filière navale française, a publié le 13 juillet son rapport annuel d’activités 2025-2026, présenté cinq jours plus tôt lors de son assemblée générale. Les chiffres qu’il détaille marquent une nouvelle étape dans la trajectoire de la filière : 17,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 9 % par rapport à 2024, et 38 milliards d’euros de prises de commandes sur l’année.
Il s’agit de la cinquième année de croissance consécutive après le creux de 2020, lié à la crise sanitaire, qui avait décalé commandes et livraisons. Le chiffre d’affaires du secteur a quasiment doublé depuis 2010, période où l’industrie subissait encore de plein fouet les conséquences de la crise financière de 2008. La filière rassemble aujourd’hui plus de 770 entreprises et 59 100 emplois directs, auxquels s’ajoutent 38 200 emplois indirects et 32 000 emplois induits. La moitié de son chiffre d’affaires est réalisée à l’export.
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Le militaire tire la filière, mais pas seulement
La croissance s’est accélérée en 2025, portée notamment par le segment militaire (+13 %), dopé par la dégradation du contexte géopolitique et le réarmement engagé par de nombreuses nations. Ce contexte profite en premier lieu à Naval Group, champion national du secteur, sur le marché domestique comme à l’export, mais aussi à d’autres constructeurs de longue date présents dans la défense, comme le Normand CMN ou le Vendéen Ocea. Au global, 70 % du chiffre d’affaires de la filière relève de la défense et 30 % du secteur civil. Le carnet de commandes compte 170 navires : 54 civils, 48 de défense et 68 consacrés à la sécurité en mer.
| Indicateur 2025 | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 17,1 milliards d’euros (+9 %) |
| Prises de commandes | 38 milliards d’euros |
| Emplois directs | 59 100 |
| Emplois indirects + induits | 38 200 + 32 000 |
| Entreprises de la filière | plus de 770 |
| Carnet de commandes | 170 navires (54 civils, 48 défense, 68 sécurité en mer) |
Pierre Éric Pommellet, président du GICAN et PDG de Naval Group, résume ainsi la portée de ces résultats : « La mer n’est pas seulement un horizon. Elle est aujourd’hui une voie de notre réindustrialisation » , déclare-t-il dans le rapport. Dans son éditorial, Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, va dans le même sens en soulignant qu’« au fond, la mer est devenue un levier concret de réindustrialisation du pays » et appelle à consolider cette dynamique au service de la souveraineté française.
Réindustrialiser par la mer
Au-delà des chiffres, le rapport détaille le travail mené par le Groupement sur plusieurs fronts. À Bruxelles comme auprès des pouvoirs publics français, le GICAN a porté les intérêts de la filière dans les discussions autour des instruments européens de soutien à l’industrie de défense, EDIP et SAFE, ainsi que dans les négociations du prochain cadre financier pluriannuel de l’Union européenne, en défendant un accès plus simple des PME et ETI à ces dispositifs.
Sur le plan industriel, l’année écoulée a vu la création d’un Comité Industrie et le lancement du programme Naval Excellence, destiné à améliorer la performance collective de la filière, sécuriser les approvisionnements et renforcer les relations entre donneurs d’ordre, équipementiers et sous-traitants. Le GICAN a aussi poursuivi ses travaux sur la réparation navale civile et développé un Comité des chantiers de construction de petits navires.

La décarbonation reste un autre chantier majeur : avec Armateurs de France et l’Union des ports de France, le GICAN porte le Plan stratégique de décarbonation du maritime, qui a permis de recenser près de 200 projets représentant plus de 6 milliards d’euros d’investissements. Ce travail a contribué au fléchage des recettes du marché carbone maritime (ETS) vers un premier dispositif de soutien de 60 millions d’euros, puis au lancement d’un appel à projets opéré par l’Ademe. Côté innovation, le Groupement a poursuivi la structuration de la filière des drones navals et préparé la quatrième promotion de son programme d’accélération de start-up SEAstart.
Le GICAN lui-même a poursuivi sa croissance : il compte désormais 336 adhérents, dont 74 % de PME et TPE, et s’appuie sur 16 permanents, dont des représentants à Bruxelles, Kuala Lumpur et Riyad. Sa certification qualité Quali’OP a été renouvelée en 2026. Reste, souligne le rapport, une exigence de fond pour la filière : transformer la visibilité offerte par ce niveau de commandes en capacités industrielles durables, dans un contexte de concurrence internationale exacerbée, notamment asiatique.