42 millions de tonnes : Haropa Port résiste au blocage d’Ormuz et vise un record

Pétrole brut, conteneurs, céréales : sur l’axe Seine, les trafics de marchandises de Haropa Port ont progressé de 5,7 % au premier semestre 2026, à 42 millions de tonnes, malgré les tensions internationales liées au blocage du détroit d’Ormuz.

Des conteneurs et des céréales en forte hausse

Le trafic conteneurisé, moteur traditionnel de l’activité du port du Havre, poursuit sa progression avec 1,64 million d’EVP (équivalents vingt pieds, l’unité de mesure de référence du secteur) traités au premier semestre, soit 8,6 % de plus qu’en 2025, contre 1,51 million l’année précédente. Cette dynamique repose notamment sur les conteneurs pleins, aussi bien à l’import qu’à l’export. Le ferroviaire accompagne cette croissance avec un trafic en hausse de 15 %, à 78 000 EVP, tandis que le fluvial reste stable à 115 700 EVP.

vue aérienne des terminaux à conteneurs du Havre

Les vracs solides progressent de leur côté de 11,4 %, à 6,46 millions de tonnes, principalement grâce aux céréales. Les exportations céréalières atteignent 4,1 millions de tonnes à fin juin, en hausse de 33,2 %. Sur l’exercice annuel décalé (1er juillet 2025 au 30 juin 2026), la place portuaire rouennaise a traité 8,4 millions de tonnes de céréales, portées notamment par une performance des orges qui enregistrent leur troisième meilleur tonnage historique, avec 2,58 millions de tonnes, en hausse de 35,4 % par rapport à la campagne précédente. Rouen conserve ainsi 54 % des exportations maritimes françaises de céréales.

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Le détroit d’Ormuz n’a pas perturbé l’approvisionnement

Interrogé par l’AFP, Benoît Rochet, président du directoire de Haropa Port depuis février 2025, a souligné la résilience du port fluvio-maritime face au contexte géopolitique tendu. « Le blocage du détroit d’Ormuz n’a pas généré d’impact direct sur le trafic maritime de Haropa Port », a-t-il affirmé. Il a également relevé qu’à la différence d’autres grands fleuves européens comme le Rhin ou le Danube, où la navigation a été affectée cet été par de fortes baisses du niveau de l’eau, la Seine n’a connu aucune difficulté de navigation, grâce à un système de protection composé de barrages et de lacs de retenue d’eau dans la Marne.

Les vracs liquides progressent ainsi de 2 %, à 18,65 millions de tonnes. Les importations de pétrole brut augmentent de 5,7 %, pour atteindre 10 millions de tonnes, les raffineurs ayant diversifié leurs approvisionnements vers les États-Unis, la Norvège et le Nigeria afin de compenser la baisse des importations en provenance du Moyen-Orient, dont la part recule à 13 % du total. En comparaison, un grand port d’Europe du Nord comme Anvers a vu son trafic légèrement reculer de 2,4 % sur la même période, ce qui permet à Haropa Port de gagner des parts de marché sur la façade maritime du Nord de l’Europe.

Haropa Port, premier semestre 2026
Filière Volume Évolution
Trafic maritime total 42 Mt +5,7 %
Conteneurs 1,64 million d’EVP +8,6 %
Vracs solides (dont céréales) 6,46 Mt +11,4 %
Exportations de céréales 4,1 Mt +33,2 %
Vracs liquides 18,65 Mt +2 %
Pétrole brut importé 10 Mt +5,7 %

Des investissements industriels à l’appui de la décarbonation

La progression des trafics s’accompagne de plusieurs investissements industriels et logistiques sur l’axe Seine. Au Havre, Siemens Gamesa Renewable Energy investit 200 millions d’euros dans l’extension de son usine, avec 200 emplois supplémentaires à la clé. À Rouen, le groupe BZ investit 35 millions d’euros dans l’extension de son terminal de Petit-Couronne. En Île-de-France, la nouvelle plateforme multimodale de Point.P à Gennevilliers doit permettre d’éviter près de 11 000 trajets de semi-remorques par an à terme, tandis que Cemex investit 10 millions d’euros dans une plateforme de valorisation des terres de chantiers franciliens à Bonneuil-sur-Marne.

Sur le volet décarbonation, RTE a lancé à Sandouville le chantier du poste électrique de Noroit, qui doit à terme doubler la capacité électrique du domaine portuaire havrais. Au Havre toujours, l’électrification à quai de Port 2000 se poursuit, avec un nouveau poste électrique destiné à porter la capacité dédiée de 140 à 210 mégawatts. Certaines filières restent néanmoins sous pression : les produits raffinés reculent de 3,2 % et les produits chimiques de 18,8 %, tandis que les matériaux destinés au BTP pâtissent du ralentissement de la construction neuve.

Si cette dynamique se poursuit au second semestre, comme l’anticipe la direction du port, Haropa Port devrait battre son record de trafic conteneurisé sur l’ensemble de l’année 2026, confirmant la trajectoire de croissance entamée en 2025 malgré un contexte géopolitique international incertain.

Sources