114 ans et 80 % de taux d’occupation : les cales sèches de Brest passent leur examen environnemental
Pour continuer d’accueillir de gigantesques navires en réparation, les trois formes de radoub du port de Commerce de Brest doivent obtenir une nouvelle autorisation environnementale. Une enquête publique se déroule jusqu’au 30 octobre, alors que cette activité industrielle connaît un net renouveau depuis quelques années.
Une enquête publique jusqu’au 30 octobre
BrestPort, la société qui gère le port de commerce de Brest pour le compte de la Région Bretagne, a déposé une demande d’autorisation environnementale pour l’exploitation de ses formes de radoub. Ces infrastructures, qui comptent parmi les équipements les plus anciens du port, doivent périodiquement voir leur autorisation d’exploitation renouvelée au regard de la réglementation environnementale en vigueur. Conformément à la réglementation, ce dossier fait l’objet d’une enquête publique, ouverte depuis le 21 septembre et qui se poursuit jusqu’au 30 octobre 2026.
Durant cette période, le public peut consulter le dossier et déposer des observations ou propositions sur un registre dématérialisé, notamment sur les incidences environnementales du projet. L’enjeu de cette procédure est de permettre à ces installations, vieilles de plusieurs décennies, de continuer à accueillir des navires de tous tonnages, paquebots et méthaniers compris, pour des arrêts techniques de plusieurs semaines.
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Trois cales sèches, un siècle d’histoire industrielle
Le port de commerce de Brest compte trois formes de radoub, mises en service en 1912, 1968 et 1980, avec des dimensions croissantes au fil des décennies. Elles sont aujourd’hui utilisées par deux industriels de la réparation et de la reconversion navale : Damen, poids lourd mondial du secteur, qui exploite majoritairement les formes 2 et 3, et le chantier finistérien Piriou, qui partage la forme n°1 avec Damen depuis l’arrivée d’une antenne de l’entreprise en 2020.
| Forme de radoub | Mise en service | Particularité |
|---|---|---|
| Forme n°1 | 1912 | Plus petite cale sèche du port, partagée entre Piriou et Damen |
| Forme n°2 | 1968 | Exploitée majoritairement par Damen |
| Forme n°3 | 1980 | Une des plus grandes cales sèches d’Europe, deuxième de l’Hexagone |
Lors de son inauguration, la forme n°1 était pourtant la plus grande forme de réparation civile de France. Plus d’un siècle plus tard, elle est devenue la plus petite cale sèche du port, mais son activité a retrouvé une nouvelle vigueur : son taux d’occupation, proche de 0 % il y a cinq ans, dépasse aujourd’hui les 80 %, à la fois pour de la réparation et de la déconstruction. « Deux activités que nous voulons conserver car elles se complètent », souligne Christophe Chabert, directeur de BrestPort, cité par Le Journal des Entreprises.

Ces trois cales sèches permettent la maintenance, l’entretien et la réparation de navires de tous tonnages, parmi lesquels des méthaniers et des navires de croisière. C’est précisément l’autorisation qui encadre cette activité, au regard de ses incidences sur l’environnement, qui fait l’objet de l’enquête publique en cours jusqu’au 30 octobre.
Une filière en plein renouveau industriel
Cette enquête publique intervient alors que BrestPort a déjà engagé un vaste plan de modernisation de son aire de carénage, destiné à soutenir l’activité de petite réparation navale. Un nouveau bateau-porte de la forme n°1, long de près de 32 mètres et pesant plus de 600 tonnes, a ainsi été mis à quai fin juillet, pour un investissement de cinq millions d’euros porté par BrestPort. Il remplace un équipement devenu obsolète après 120 années de service.
« Au-delà de performances techniques accrues, ce nouvel équipement apporte aussi une meilleure sécurité d’exploitation et une fiabilité renforcée », avait souligné Christophe Chabert au moment de son inauguration.
Ce bateau-porte ne représente qu’une partie d’un plan qui doit mobiliser plus de quinze millions d’euros au total, avec notamment un futur élévateur à bateaux de 650 tonnes pour une darse abritée, dont la livraison est espérée fin 2028. BrestPort prépare également la transformation d’anciens entrepôts pour accueillir la logistique des activités véliques, ainsi qu’un centre d’innovation et de dronisation maritime à l’horizon 2030.
Le nouveau bateau-porte, construit aux chantiers néerlandais Ravestein, à Deest, a été acheminé jusqu’au cinquième bassin du port de commerce avant sa mise en place. Il doit notamment permettre de sécuriser l’accès à la forme n°1 pour les navires en réparation ou en déconstruction, dans un contexte où l’ensemble des trois cales sèches reste très sollicité par Damen et Piriou.
L’issue de l’enquête publique sur les formes de radoub, attendue après le 30 octobre, déterminera donc les conditions dans lesquelles cette filière de réparation navale brestoise, en pleine reconquête d’activité, pourra poursuivre son développement pour les prochaines décennies.
Sources
- BrestPort : page officielle présentant l’enquête publique sur l’exploitation des formes de radoub, ses dates (21 septembre au 30 octobre 2026) et ses modalités de participation.
- Le Journal des Entreprises : reportage sur l’investissement dans le nouveau bateau-porte de la forme n°1 et le plan de modernisation de l’aire de carénage de BrestPort.