52% de coûts en moins : la promesse du nouveau flotteur de Gazelle Wind Power
La société irlandaise Gazelle Wind Power dévoile un nouveau design de flotteur conçu pour supporter des éoliennes de 18 MW et plus, y compris dans des conditions de typhon. Selon ses calculs préliminaires, la technologie promet de réduire jusqu’à 52% le coût de l’énergie produite, un enjeu clé alors que la France mise elle aussi sur l’éolien flottant en Méditerranée.
Un flotteur pensé pour résister aux typhons
Basée à Dublin, en Irlande, et fortement implantée au Portugal, Gazelle Wind Power a présenté un nouveau design de plateforme flottante dimensionnée pour des éoliennes de 18 MW et plus, capable de résister à des conditions extrêmes. L’évolution du flotteur a été menée dans le cadre d’une collaboration avec un important fournisseur d’énergie asiatique, dans l’objectif explicite de lui permettre de tenir face à des typhons.

La plateforme a été testée dans des conditions correspondant à une tempête cinquantennale : des vitesses de vent de 59,8 mètres par seconde à 155 mètres de hauteur, au niveau du moyeu de la turbine, et des creux de 14,2 mètres. Selon les simulations présentées par l’entreprise, les angles de roulis et de tangage n’ont pas dépassé 5 degrés dans ces conditions, tandis que les accélérations en tête de mât et les charges à la base de la tour sont restées dans les limites fixées par le projet. Gazelle indique aussi avoir mené une campagne d’essais en bassin pour confronter ses résultats expérimentaux à son modèle numérique.
Le concept repose sur trois « Articulated Mooring Frames » (AMF), des bras articulés associés à un contrepoids central et à des lignes d’ancrage quasi verticales. L’objectif est d’obtenir une force de rappel passive lorsque le flotteur est soumis au vent, aux vagues et aux courants, sans recourir à un système de ballast actif. Selon Gazelle, cette architecture permet de réduire de 80% la longueur des ancrages par rapport à des plateformes semi-submersibles classiques (de type caténaire), tout en limitant les charges de 50% par rapport aux plateformes à ancrages tendus (TLP). L’entreprise revendique ainsi combiner les avantages des deux familles de flotteurs, TLP et semi-submersible, sans leurs inconvénients respectifs.
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Jusqu’à 52% de coûts en moins, selon l’entreprise
Gazelle Wind Power affirme que les conclusions de son évaluation préliminaire des coûts indiquent qu’il est possible de réduire les dépenses d’investissement (CAPEX) de 44% et le coût actualisé de l’énergie (LCOE) de 52%, par rapport aux références standards de flotteurs semi-submersibles. La société explique ces réductions par de moindres exigences structurelles et d’amarrage, un encombrement réduit, une construction modulaire en acier et la capacité à s’appuyer sur les infrastructures portuaires existantes.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Puissance visée par flotteur | 18 MW et plus |
| Réduction des dépenses d’investissement (CAPEX) | -44% |
| Réduction du coût actualisé de l’énergie (LCOE) | -52% |
| Réduction de la longueur des ancrages vs semi-submersible | -80% |
| Démonstrateur prévu (Nau Azul, Portugal) | 2 MW |
Elle promet aussi, selon sa communication, « une installation plus simple et une maintenance par remorquage jusqu’au port, ce qui réduit la dépendance vis-à-vis des navires offshore spécialisés et contribue à limiter les temps d’arrêt », ce qui pourrait augmenter la production d’énergie et réduire les coûts d’exploitation sur l’ensemble de la durée de vie d’un parc.
Pour l’heure, Gazelle n’a toutefois déployé aucun flotteur en mer. L’entreprise a obtenu l’an dernier l’autorisation de déployer un démonstrateur de 2 MW, baptisé Nau Azul, au large d’Aguçadoura, au Portugal, un site qui a déjà accueilli WindFloat 1, l’un des tout premiers projets pilotes d’éoliennes flottantes au monde.
Un enjeu qui parle aussi à la Méditerranée française
L’annonce de Gazelle intervient alors que la réduction des coûts est devenue le nerf de la guerre pour toute la filière de l’éolien flottant, une technologie que la France développe activement en Méditerranée, où la profondeur des fonds marins interdit l’éolien posé. Le parc pilote Provence Grand Large, au large de Port-Saint-Louis-du-Rhône, repose ainsi sur des flotteurs à ancrages tendus (TLP) conçus par SBM Offshore et IFP Energies Nouvelles pour porter trois éoliennes Siemens Gamesa de 8,4 MW, tandis que deux autres parcs pilotes de 30 MW, EolMed et celui du golfe du Lion, doivent également voir le jour dans la même zone. À plus long terme, deux parcs commerciaux de 250 MW, extensibles à 500 MW chacun, sont prévus à l’horizon 2031, pour un total visé d’1,5 GW.
Dans ce contexte, la promesse d’un flotteur combinant les avantages du TLP et du semi-submersible, comme celui de Gazelle, pourrait intéresser les développeurs de projets commerciaux à venir en Méditerranée comme en Asie, où les conditions de vent extrêmes exigent des architectures plus robustes que les flotteurs semi-submersibles classiques.
Reste à transformer l’essai : sans démonstrateur en mer à ce jour, Gazelle devra encore prouver en conditions réelles la tenue de son concept, avant d’espérer convaincre des développeurs de projets commerciaux à l’horizon de la prochaine décennie, alors que les appels d’offres pour l’éolien flottant commercial se multiplient en Europe comme en Asie.