2,4 tonnes de cannabis saisies en mer : le Dixmude intercepte un go-fast près de Gibraltar

Le 8 juillet 2026, au large du détroit de Gibraltar, le porte-hélicoptères amphibie Dixmude a intercepté un « go-fast » chargé de résine de cannabis après des tirs de semonce. Le bilan de cette opération, rendu public le 22 juillet par la préfecture maritime de l’Atlantique, s’élève à 2,4 tonnes de stupéfiants saisis.

Une embarcation suspecte repérée dans les approches de Gibraltar

Le mercredi 8 juillet 2026, sous la direction du préfet maritime de l’Atlantique, le Dixmude, engagé dans la mission Jeanne d’Arc 26, opérait dans les approches du détroit de Gibraltar. Ce passage de 14 kilomètres de large, point de jonction obligé entre l’Atlantique et la Méditerranée, est un couloir régulièrement emprunté par les trafiquants pour acheminer des stupéfiants vers l’Europe. C’est dans ce secteur que l’équipage du porte-hélicoptères amphibie a repéré une embarcation suspecte.

Le bâtiment a aussitôt réorienté un hélicoptère Caïman de l’armée de Terre, embarqué à son bord, afin d’établir le contact avec le go-fast et de lui ordonner de stopper pour un contrôle.

porte-hélicoptères amphibie Dixmude de la Marine nationale

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Tirs de semonce et cargaison jetée à la mer

Face au refus d’obtempérer de l’équipage, des tirs de semonce ont été effectués, conformément au cadre juridique en vigueur pour ce type d’interception en haute mer. La poursuite qui a suivi a conduit les occupants de l’embarcation à jeter l’intégralité de leur cargaison par-dessus bord, une manœuvre destinée à faire disparaître les preuves avant tout contrôle. Cette précipitation n’a toutefois pas suffi : les marins du Dixmude ont repêché 58 ballots de produits stupéfiants abandonnés en mer. Les analyses menées par la suite ont confirmé qu’il s’agissait de résine de cannabis, pour un poids total de 2,4 tonnes.

Le Dixmude, une école embarquée engagée dans la lutte contre le narcotrafic

Cette interception s’inscrit dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc 26, qui a appareillé de Toulon le 17 février 2026 avec, à son bord, les 158 élèves de l’École d’application des officiers de la Marine, ainsi que la frégate légère furtive Aconit. Pendant près de cinq mois, le groupe amphibie a été déployé de la Méditerranée orientale jusqu’à l’Indopacifique pour mener une mission combinant formation opérationnelle et présence stratégique, avec à bord un sous-groupement tactique de l’armée de Terre, un hélicoptère Dauphin, un système de drones S100 et un détachement de la flottille amphibie. Lors de la cérémonie de départ, le vice-amiral d’escadre Serge Bordarier avait résumé l’enjeu de ce déploiement : « Ce nouveau déploiement de l’école d’application embarquée constitue un signal stratégique. Alors que les équilibres mondiaux se transforment et que l’incertitude s’installe durablement, les nouvelles formes de conflictualité trouvent en mer leur principal théâtre. »

Le passage du Dixmude au large de Gibraltar, début juillet, intervenait alors que la mission entrait dans sa dernière ligne droite, cette étape en Atlantique précédant le retour du groupe amphibie vers son port d’attache. La préfecture maritime de l’Atlantique rappelle que ce type d’opération n’a rien d’isolé : « La Marine nationale opère en continu en Atlantique et réalise régulièrement des opérations de lutte contre le trafic international de stupéfiants en haute mer, contribuant ainsi à la protection des populations et la stabilité régionale. »

Élément Détail
Date de l’interception 8 juillet 2026
Zone Approches du détroit de Gibraltar (Atlantique)
Bâtiment intervenant Porte-hélicoptères amphibie Dixmude
Mission Jeanne d’Arc 26 (appareillage le 17 février 2026 de Toulon)
Moyen aérien engagé Hélicoptère Caïman (armée de Terre)
Saisie 58 ballots, 2,4 tonnes de résine de cannabis

Cette saisie s’inscrit dans une présence continue de la Marine nationale sur les grands axes du narcotrafic transatlantique, dont le détroit de Gibraltar constitue l’un des points de passage vers l’Europe. Après près de cinq mois de déploiement entre Méditerranée orientale et Indopacifique, le Dixmude et l’Aconit doivent regagner Toulon, où les officiers-élèves de l’École d’application achèveront leur formation avant leurs premières affectations.

Sources