SIMBAD RC : ce système français que l’Espagne n’avait jamais possédé face aux missiles
Depuis le retrait de son ancien système de défense rapprochée, la marine espagnole ne disposait plus d’aucune protection contre les menaces aériennes à très courte portée. Un vide que le missilier européen MBDA s’apprête à combler grâce à un contrat inédit.
Un vide capacitaire depuis le retrait du Meroka
Le ministère espagnol de la Défense vient de notifier à MBDA un contrat-cadre portant sur la fourniture de trois systèmes SIMBAD RC. L’annonce a été faite par l’industriel le 8 septembre 2026. Elle intervient plusieurs années après le retrait du Meroka, l’ancien système d’autodéfense rapprochée de l’Armada española, qui reposait sur douze canons Oerlikon de 20 mm capables de tirer chacun 120 coups par minute, associés au radar PVS2 Sharpshooter de Lockheed Martin.

Depuis ce retrait, la marine espagnole ne disposait plus d’aucun système d’arme rapproché (CIWS) pour protéger ses navires contre les menaces aériennes à très courte portée, qu’il s’agisse de missiles antinavires, de missiles à vol rasant, d’avions ou de drones. C’est ce vide que le contrat-cadre avec MBDA doit combler, dans le cadre d’un plan plus large élaboré par l’Armada española pour renforcer les capacités d’autodéfense de sa flotte.
Selon la presse espagnole citée par le site spécialisé Zone Militaire (opex360), les trois SIMBAD RC n’équiperont pas les unités les plus imposantes de la flotte, comme le porte-aéronefs Juan Carlos I, mais trois des six frégates F80, également appelées classe Santa Maria. Ces bâtiments, livrés entre 1986 et 1994, comptent parmi les plus anciens de la marine espagnole.
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Le SIMBAD RC, un système déjà éprouvé par la Marine nationale
Le SIMBAD RC n’a rien d’un prototype. Il est déjà en service au sein de la Marine nationale française, qui l’a notamment déployé sur ses bâtiments ravitailleurs de forces. Il doit prochainement équiper les frégates de premier rang ainsi que les futurs patrouilleurs hauturiers.
Concrètement, il s’agit d’un système téléopéré, piloté par un seul opérateur, équipé de deux missiles antiaériens Mistral 3 à guidage infrarouge, prêts à l’emploi, avec une portée dépassant 8 kilomètres. Selon MBDA, il peut assurer la capacité d’autodéfense principale d’un navire ou venir renforcer ses systèmes de défense existants en apportant une couche de protection supplémentaire. L’industriel précise qu’il apporte des capacités de défense efficaces contre tous les types de menaces, qu’il s’agisse de missiles antinavires, de missiles à vol rasant, d’avions ou de drones, et qu’il peut également être utilisé contre des drones de surface ou des embarcations hostiles.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Systèmes SIMBAD RC commandés | 3 |
| Montant du contrat-cadre | environ 30 millions d’euros |
| Durée du contrat | 6 ans |
| Missiles par système | 2 Mistral 3 |
| Portée du Mistral 3 | plus de 8 km |
| Frégates F80 concernées | 3 sur 6 |
Une porte d’entrée stratégique pour MBDA en Espagne
Au-delà de l’aspect capacitaire, ce contrat marque une étape symbolique pour MBDA : il s’agit du tout premier accord signé directement entre l’industriel, détenu à parts égales par Airbus, BAE Systems et Leonardo, et la marine espagnole.
« Ce premier contrat avec la Marine espagnole constitue une étape historique », s’est félicité Éric Béranger, le PDG de MBDA, dans des propos traduits et rapportés par Zone Militaire. « Il reflète l’expansion de nos activités en Espagne et réaffirme notre engagement sur le long terme dans le pays. En fournissant des capacités de défense critiques, nous améliorons la sécurité de la flotte et bâtissons un partenariat stratégique fondé sur l’innovation et la coopération avec l’industrie de défense espagnole. »
Le site américain Naval Technology confirme les grandes lignes de l’accord, tout en précisant que les plateformes exactes qui recevront les systèmes n’ont pas toutes été rendues publiques par MBDA. L’industriel indique seulement que les SIMBAD RC seront intégrés à des unités navales actives, sans détailler l’ensemble du calendrier de livraison.
Pour MBDA, dont le siège est basé en France, ce contrat s’inscrit dans une stratégie plus large de développement commercial en Espagne, un pays membre de l’OTAN depuis 1982 mais qui restait, jusqu’à présent, en dehors du portefeuille de clients directs du missilier pour ce type de système naval. Reste à savoir si cette première commande, limitée à trois unités pour une flotte de six frégates, sera suivie d’autres contrats à mesure que l’Espagne poursuit la modernisation de sa flotte.
Sources
- Zone Militaire (opex360), 8 septembre 2026 : article détaillé reprenant l’annonce de MBDA, avec le montant du contrat et la citation d’Éric Béranger.
- Naval Technology, 8 septembre 2026 : confirmation de l’accord-cadre et de la citation du PDG de MBDA en anglais.