28,5 millions d’euros : le prêt qui met à flot le cargo à voile breton Miaraka

La coopérative maritime lorientaise Windcoop a ouvert les préinscriptions d’une nouvelle levée de fonds pour boucler le financement de son porte-conteneurs à voile Miaraka. Objectif affiché : 1,5 million d’euros avant le voyage inaugural, prévu à l’été 2027 entre Marseille et Madagascar.

Une dernière levée avant la mise en service

Windcoop, société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) fondée en 2022 à Lorient, a lancé les préinscriptions de sa nouvelle campagne de financement participatif. Le montant visé, 1,5 million d’euros, doit permettre de couvrir les derniers investissements liés au Miaraka et de préparer le démarrage commercial de l’activité. Selon la coopérative, il s’agit de la dernière levée de fonds avant le voyage inaugural du navire, prévu à l’été 2027 sur la ligne Marseille, Madagascar.

porte-conteneurs à voile Miaraka

Depuis sa création, Windcoop a réuni plus de 2 500 sociétaires, citoyens, entreprises, chargeurs et collectivités, et collecté plus de 8,6 millions d’euros en fonds propres. L’an dernier, la coopérative avait levé plus de 1,4 million d’euros, son meilleur résultat annuel à ce jour. En décembre 2025, lors de la découpe de la première tôle du navire, les fonds propres réunis s’élevaient à 6,8 millions d’euros, un montant monté depuis à 8,6 millions avec l’arrivée de nouveaux sociétaires.

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Le Miaraka, un cargo à voile construit en Turquie

Le Miaraka, premier porte-conteneurs à voile de Windcoop, est construit au chantier turc RMK Marine depuis la découpe de sa première tôle, le 19 décembre 2025. Le navire mesure 91 mètres de long pour une capacité de 2 500 tonnes, soit environ 210 conteneurs EVP, et sera équipé de trois ailes rigides. Sa coque, assemblée bloc par bloc à partir de 37 grands éléments préfabriqués, doit être mise à l’eau en juillet 2026, avant la pose du système vélique en janvier 2027 et une livraison annoncée pour juin 2027.

Selon les routes et les saisons, Windcoop annonce une réduction de la consommation de carburant pouvant atteindre 60 % grâce à la propulsion par le vent, pour une réduction équivalente des émissions de CO2 par rapport à un porte-conteneurs conventionnel. Plus de 50 entreprises se sont déjà montrées intéressées pour expédier leurs marchandises à bord, parmi lesquelles le chocolatier Valrhona et la coopérative agricole Arcadie.

Dans un billet publié sur son blog, Windcoop détaille la méthode de construction retenue à Istanbul : la coque du Miaraka est décomposée en 37 grands blocs, fabriqués séparément en atelier avant d’être amenés sur la cale pour y être assemblés et soudés. Chaque bloc suit le même parcours, découpe des tôles, fabrication, préparation de surface, peinture de protection puis mise en place sur cale, ces étapes se déroulant en parallèle sur l’ensemble du chantier plutôt que les unes après les autres. Les équipements les plus sensibles, à commencer par le moteur, font l’objet d’essais préalables en usine avant leur installation à bord, une étape suivie par des essais à quai puis des essais en mer, ultime vérification avant la livraison prévue en juin 2027.

« Vous franchissez une étape formidable, un moment essentiel que celui de la découpe de la première tôle. Je suis heureuse et un peu émue par cette cérémonie qui confirme l’émergence de la filière vélique en France et en Europe », s’était réjouie, en visioconférence depuis la Turquie, Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, lors du lancement de la construction. Niels Joyeux, cofondateur de Windcoop, avait alors salué le passage du projet sur papier au navire concret : « Finis les Powerpoint et les schémas, place au concret et au vrai bateau ».

Un financement structuré autour d’un prêt bancaire bleu

Le budget total de construction du Miaraka est annoncé à 28,5 millions d’euros. Au-delà des fonds propres apportés par les sociétaires, le projet s’appuie sur un prêt dit « bleu » de 28,5 millions d’euros structuré par Otoktone, la banque d’investissement du groupe Banque Populaire, aux côtés du Crédit Maritime Grand Ouest. Les deux partenaires financiers mettent en avant la solidité du modèle coopératif du projet, porté par une société coopérative d’intérêt collectif associant citoyens et entreprises. « Désormais, vous pouvez investir dans Windcoop en étant absolument certain que vous n’investissez pas que dans du vent, même si le vent reste notre moteur principal », résume l’équipe dirigeante de la coopérative à propos de cette nouvelle étape du financement.

Ce statut de société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) distingue Windcoop des armateurs classiques : les décisions y sont partagées entre plusieurs catégories de sociétaires, citoyens, salariés, chargeurs, entreprises et collectivités locales, chacun disposant d’une voix en assemblée générale quel que soit le montant investi. C’est sur cette base que la coopérative morbihannaise a construit, depuis 2022, une communauté de financeurs suffisamment large pour convaincre des établissements bancaires classiques, comme Otoktone et le Crédit Maritime Grand Ouest, de compléter l’apport en fonds propres par un financement de long terme.

Caractéristique Valeur
Longueur du Miaraka 91 mètres
Capacité 2 500 tonnes / environ 210 EVP
Réduction de carburant visée jusqu’à 60 %
Budget de construction 28,5 millions d’euros
Fonds propres coopératifs levés plus de 8,6 millions d’euros
Sociétaires plus de 2 500
Livraison prévue juin 2027

Si le calendrier annoncé est tenu, le Miaraka deviendra l’un des premiers grands porte-conteneurs à propulsion vélique à entrer en service commercial, sur une route reliant Marseille à Madagascar à l’été 2027. Entre la mise à l’eau de la coque, prévue en juillet 2026, et la pose des voiles l’hiver suivant, les prochains mois seront déterminants pour la jeune coopérative lorientaise, qui mise sur l’appui de ses sociétaires et de ses partenaires bancaires pour boucler un projet suivi de près par la filière vélique française et européenne.

Sources