50 terminaux, 10 pays : A.P. Moller Capital prend le contrôle d’Euroports

Le fonds d’investissement A.P. Moller Capital, adossé au géant danois du transport maritime Maersk, est devenu le 28 septembre l’actionnaire majoritaire d’Euroports, opérateur qui gère une cinquantaine de terminaux dans dix pays européens, ainsi que le terminal français dédié à l’éolien flottant de Port-la-Nouvelle.

Un réseau de 50 terminaux dans dix pays, et une présence française

Fondé par étapes successives depuis le début des années 2000, Euroports Group exploite aujourd’hui plus de cinquante terminaux portuaires maritimes et fluviaux répartis dans dix pays européens, auxquels s’ajoute une présence en Chine. Le groupe traite chaque année plus de 70 millions de tonnes de marchandises, vrac solide, vrac liquide et cabotage notamment, et emploie environ 3 000 personnes. Il s’appuie également sur sa filiale Manuport Logistics (MPL), active dans plus de vingt pays.

Port-la-nouvelle

En France, Euroports opère depuis 2022 la concession du terminal de Port-la-Nouvelle (Occitanie), dédié à l’éolien flottant. Ce site a servi de base arrière à l’assemblage des flotteurs des parcs pilotes EFGL et EolMed, avant leur remorquage vers les zones d’implantation en Méditerranée, et Euroports y intervient comme opérateur intégré, de la manutention portuaire jusqu’à la logistique des composants.

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Un montage financier qui préserve l’équilibre actionnarial existant

L’opération annoncée le 28 septembre voit A.P. Moller Capital, le gestionnaire de fonds d’infrastructure adossé au groupe Maersk, devenir actionnaire majoritaire d’Euroports à travers un véhicule de fonds géré séparément. Les deux actionnaires historiques du groupe, la Société fédérale de participations et d’investissement belge (SFPIM) et le fonds flamand PMV, conservent chacun une participation minoritaire. Le montant précis de la transaction n’a pas été communiqué. La gouvernance opérationnelle existante d’Euroports est maintenue sous la nouvelle structure actionnariale, selon le communiqué publié par A.P. Moller Capital.

Cette acquisition s’inscrit dans une stratégie plus large de développement d’infrastructures de transport et de logistique en Europe pour A.P. Moller Capital, qui entend combiner son savoir-faire industriel et financier avec l’expertise opérationnelle d’Euroports afin d’élargir la présence géographique du groupe et d’attirer de nouveaux clients. Le mouvement marque aussi un léger changement de terrain pour le fonds : adossé au groupe danois Maersk, A.P. Moller Capital gère principalement des véhicules d’investissement dédiés aux infrastructures de marchés émergents, à l’image de son fonds Emerging Markets Infrastructure Fund II, soutenu notamment par la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB) et la société financière américaine de développement international (DFC). Avec Euroports, le fonds investit cette fois dans un réseau de terminaux solidement implanté en Europe de l’Ouest.

« Euroports joue un rôle critique en facilitant le mouvement des marchandises essentielles », a déclaré Kim Fejfer, responsable d’A.P. Moller Capital, cité dans le communiqué officiel du fonds annonçant l’opération.

Une nouvelle étape dans la consolidation portuaire européenne

L’arrivée d’A.P. Moller Capital chez Euroports s’ajoute à une série de mouvements récents dans le secteur portuaire du nord de l’Europe. Le même jour où l’opération était rendue publique par Mer et Marine, la Flandre, les Pays-Bas et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie annonçaient de leur côté une déclaration commune visant à renforcer l’intégration de leurs places portuaires respectives. Les ports d’Anvers-Bruges, de Rotterdam, de North Sea Port, d’Ostende, de Moerdijk, de Duisbourg et de Cologne doivent désormais travailler plus étroitement ensemble, signe d’une concurrence et d’une consolidation croissantes face aux grands ports du range nord-européen. Pour un opérateur comme Euroports, actif sur des trafics de vrac et de cabotage plus diversifiés que les seuls conteneurs, l’adossement à un acteur de la taille d’A.P. Moller Capital offre des moyens financiers supplémentaires pour investir dans ses terminaux, dont celui de Port-la-Nouvelle, à un moment où la filière française de l’éolien flottant se prépare justement à passer de parcs pilotes à des projets commerciaux nécessitant des infrastructures portuaires renforcées.

Donnée Chiffre
Terminaux exploités Plus de 50, dans 10 pays européens et en Chine
Tonnage annuel traité Plus de 70 millions de tonnes
Effectifs Environ 3 000 salariés
Date de l’annonce 28 septembre 2026
Actionnaires minoritaires conservés SFPIM (Belgique), PMV (Flandre)

Pour l’instant, ni Euroports ni A.P. Moller Capital n’ont détaillé de plan d’investissement spécifique pour les terminaux français du groupe. Les autorités de la concurrence européennes doivent encore se prononcer sur l’opération avant sa finalisation définitive, un passage obligé pour ce type de rachat transfrontalier dans le secteur des infrastructures critiques. Les prochains mois diront si la nouvelle gouvernance actionnariale se traduit par des investissements accrus sur les sites français du groupe, à commencer par Port-la-Nouvelle, dont le rôle dans la filière de l’éolien flottant devrait encore grandir avec l’arrivée des premiers parcs commerciaux attendus en Atlantique d’ici la fin de la décennie.

Sources

  • A.P. Moller Capital : communiqué de presse officiel annonçant l’acquisition de la participation majoritaire dans Euroports Group (28 septembre 2026).
  • Euroports France (fiche Windocc) : rôle d’Euroports France sur le terminal de Port-la-Nouvelle dédié à l’éolien flottant.
  • AIIB : fiche du fonds Emerging Markets Infrastructure Fund II géré par A.P. Moller Capital.