La Banque de France délaisse New York pour Paris (et empoche 12,8 milliards d’euros) et porte ses réserves à 283 milliards
La réserve d’or de la France, qui se classe au quatrième rang mondial, affiche une valorisation impressionnante selon les données fournies par la Banque de France, l’institution en charge de sa gestion.
Plus de 2 000 tonnes d’or sous Paris
À l’intérieur du siège de la Banque de France, situé à Paris et à 27 mètres sous terre, se trouvent 2 436,8 tonnes de ce métal précieux. « La France est le quatrième pays détenteur d’or, au niveau mondial, derrière les États-Unis, l’Allemagne et l’Italie (le cinquième en incluant les avoirs du Fonds monétaire international – FMI) », précise la Banque de France. La responsabilité de la gestion et de la détention des réserves d’or de l’État incombe à cette institution, conformément à l’article L141-2 du Code monétaire et financier.

Cette imposante réserve affichait une valeur théorique de 257 milliards d’euros à la clôture de l’année 2025, selon le rapport annuel récemment publié par la Banque de France. En revanche, au 15 juin 2023, la valeur de ce stock n’était que de 144 milliards d’euros. Ce chiffre varie donc fortement en fonction des fluctuations du prix de l’or, qui atteint des niveaux record. À la fin de l’année 2018, cette réserve était évaluée à 87,8 milliards d’euros.
Le volume total de la réserve demeure inchangé depuis 2009, bien que l’année précédente, des opérations de « techniques sur l’or » aient été menées, a indiqué ce mardi le gouverneur François Villeroy de Galhau.
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De l’or raffiné en Suisse
Depuis plusieurs années, la banque centrale effectue la fusion de certaines de ses barres d’or, généralement en Suisse, afin de les transformer en nouvelles barres présentant un taux de pureté supérieur à 99,5 %, se conformant ainsi aux « standards les plus modernes » de conservation.
13 milliards de bénéfices en quittant New-York
Cependant, la Banque de France détenait 129 tonnes d’or à la Réserve fédérale américaine. Ne souhaitant ni les faire fondre sur le sol américain ni les rapatrier par voie maritime en Europe en raison des coûts élevés, elle a décidé de vendre ces 129 tonnes.
Elle a ensuite acquis un équivalent en Europe, ce qui lui a permis de réaliser un bénéfice de 12,8 milliards d’euros dans ses comptes, grâce à la différence entre le prix actuel de l’or, particulièrement élevé, et les prix d’achat.
Les dernières ventes d’or ont eu lieu entre 2004 et 2009, période durant laquelle 589 tonnes, soit environ 20 % de la réserve, ont été cédées à la demande de l’exécutif pour une gestion plus active des réserves de change, y compris celles de l’or.
Cependant, un rapport de la Cour des comptes de 2012 a conclu que cette opération n’avait finalement pas été bénéfique pour les finances de l’État, à la lumière de la hausse des prix de l’or.
Une situation financière renforcée face aux défis futurs
Avec une situation nette de 283 milliards d’euros, la Banque de France présente une solidité financière remarquable. Cette capacité patrimoniale représente des fonds « en théorie disponibles pour faire face à tout choc monétaire », selon les mots du gouverneur Villeroy de Galhau.
Cette position avantageuse place la France parmi les banques centrales les mieux capitalisées au niveau mondial. De plus, le pays détient la quatrième réserve aurifère mondiale, se positionnant derrière les États-Unis, l’Allemagne et l’Italie, renforçant ainsi son rang parmi les puissances monétaires majeures.
Ces excellents résultats de la Banque de France interviennent alors que François Villeroy de Galhau se prépare à quitter ses fonctions en juin, anticipant la fin de son mandat. Son passage de onze ans à la tête de l’institution a été marqué par une gestion rigoureuse et une modernisation progressive des procédés, notamment en ce qui concerne l’administration des réserves d’or.
En plus de la préservation des réserves d’or de l’État français, la Banque de France s’occupe également du stockage des réserves d’or de divers clients institutionnels (banques centrales étrangères et organisations internationales). En comparaison avec l’encours détenu par la Banque de France, l’or stocké pour le compte de ces clients représente une fraction infime, selon les indications de la Banque de France.