Brest bascule à droite : de 30 % à 57 %, Roudaut s’impose en captant l’essentiel des voix RN, analyse bureau par bureau pour ces municipales 2026
La victoire aux élections municipales de Brest marque un tournant politique majeur pour la ville après 37 années de domination de la gauche.
Le 22 mars 2026, Stéphane Roudaut est triomphalement élu, devançant François Cuillandre. La conjonction de la liste du maire socialiste sortant avec celle de l’insoumise Cécile Beaudouin n’a pas produit l’impact attendu.

Un bastion de la gauche est tombé, tel que l’a exprimé Marine Tondelier, présente avant le premier tour pour soutenir la liste de La gauche unie (PS, écologistes, PCF…). Malgré son alliance avec La France Insoumise pour le second tour, le maire socialiste de la deuxième ville bretonne, François Cuillandre, a connu une défaite mémorable.
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Une mobilisation croissante qui n’a pas changé la dynamique
Entre les deux tours, la mobilisation a progressé sensiblement à Brest : le taux de participation est passé de 54,53 % au 1er tour (47 424 votants sur 86 967 inscrits) à 59,01 % au 2nd tour (51 336 votants sur 86 990 inscrits), soit 3 912 électeurs supplémentaires aux urnes et 3 889 abstentionnistes du premier tour qui ont finalement voté.
Cette remobilisation est néanmoins relative : l’abstention, encore massive (40,99 %, soit 35 654 inscrits), a pesé sur les résultats absolus. À noter également que les votes blancs et nuls ont plus que doublé entre les deux tours, passant de 893 à 1 945 – signe que des électeurs se sont déplacés sans vouloir trancher entre les deux candidats principaux.
Reports de voix et dynamique du duel
Le résultat du second tour (Roudaut 57,38 % – Cuillandre 38,30 % – Pagès 4,31 %) s’explique en grande partie par des reports très asymétriques.

Roudaut passe de 14 071 voix (30,24 %) à 28 343, soit un gain brut de 14 272 voix et 27 points de pourcentage. Son bloc naturel de premier tour – Besombes, Muscat et Yenier totalisaient ensemble 6 723 voix, ne suffit pas à expliquer cette progression : il a manifestement capté une part significative des électeurs de Pagès, qui s’effondre de 5 172 voix (11,12 %) à seulement 2 129 (4,31 %), perdant 59 % de ses électeurs du premier tour, un report classique de l’électorat RN vers la droite de gouvernement au second tour d’une municipale.
Cuillandre, de son côté, passe de 11 076 voix à 18 919 (7 843 voix, 14,5 pts), mais n’atteint pas le plafond de sa coalition théorique du premier tour : Beaudouin, Cuillandre et Salami cumulaient 19 901 voix (42,77 %), ce qui suggère qu’une fraction de l’électorat de gauche s’est abstenue ou a voté blanc au second tour, tandis que les 664 voix de l’extrême gauche (Le Tallec + Collard) ont vraisemblablement rejoint Cuillandre sans pouvoir combler l’écart.

Comme pour le premier tour des élections municipales à Brest, retrouvez le détail ci-dessous :
Brest passe franchement à droite
Ainsi, la ville penche vers la droite, avec une avance de plus de 10 000 voix pour Stéphane Roudaut.
Bien qu’il ait semblé peu bénéficier de voix résiduelles après le premier tour, Stéphane Roudaut réussit à orienter Brest vers la droite, devenant ainsi le maire de la deuxième plus grande ville de Bretagne, en mettant un terme à trente-sept années de domination socialiste.
Pour capter quelques voix du maire sortant, M. Roudaut a critiqué son « alliance totalement opportuniste avec LFI », tout en mettant en avant certains de ses colistiers, identifiés comme « sociaux-démocrates » ou « de sensibilité de gauche ». Il a également reçu le soutien de Thierry Fayret, ancien premier secrétaire du PS brestois et ex-premier adjoint de M. Cuillandre en 2018.