850 chercheurs, 18 sessions : Brest accueille le grand raout mondial des sciences marines avec le congrès du CIEM
Du 15 au 18 septembre, Brest accueille le congrès annuel du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM), l’un des rendez-vous les plus importants de la recherche océanographique mondiale. Près de 850 chercheurs et experts internationaux y débattront pêche, éolien en mer et réchauffement climatique.
Un événement itinérant qui change de pays hôte chaque année
Organisation scientifique internationale de référence fondée en 1885 à Copenhague, le CIEM (Conseil international pour l’exploration de la mer, ICES en anglais) fournit des avis scientifiques indépendants pour la gestion durable des mers et des océans. Son congrès annuel, l’ICES Annual Science Conference, change de pays hôte à chaque édition : en 2026, c’est Brest qui accueille l’événement, au Quartz, scène nationale de la ville, du 15 au 18 septembre.

L’organisation locale est pilotée par l’Ifremer, avec un collectif de partenaires bretons et nationaux parmi lesquels l’Université de Bretagne Occidentale (UBO), Brest Métropole, le département du Finistère et la région Bretagne. Le programme comprend 18 sessions thématiques, 7 séances de networking, des conférences plénières et une grande session de posters, sur des sujets allant des impacts du changement climatique à l’articulation entre science et décision publique.
L’ouverture, le mardi 15 septembre au matin, sera marquée par la présence de Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, aux côtés de représentants du CIEM, de l’Ifremer et de l’UBO. Une session spéciale, en présence de la direction générale des affaires maritimes et de la pêche de la Commission européenne, portera sur l’avenir de l’expertise halieutique face au changement climatique, suivie d’une table ronde sur la planification de l’espace maritime.
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Pêche, éolien en mer, réchauffement : les dossiers qui traversent le monde maritime
Le programme scientifique couvre les grands enjeux qui agitent le secteur. Le mardi 15 septembre, une session est consacrée aux dispositifs techniques de réduction des captures accidentelles d’espèces protégées, avec l’intervention de Chloé Merrien, chargée de mission scientifique à l’Office français de la biodiversité (OFB).
Le mercredi 16 septembre, la question sensible des effets de l’éolien en mer sur les écosystèmes marins et côtiers sera abordée, avec la présentation des résultats de l’expertise scientifique collective « Éoliennes en mer & biodiversité », conduite par l’Ifremer et le CNRS. Les chercheurs Cédric Bacher et Nathalie Niquil, co-pilotes de cette expertise, interviendront, avec la participation de France Énergies Marines.
Le jeudi 17 septembre, trois sessions retiennent l’attention : l’évaluation socio-écologique des espaces marins à usages multiples, où se pose la question de concilier pêche, énergies marines, transport, aquaculture, défense et biodiversité, avec l’économiste Olivier Thébaud (Ifremer) et Marc Igigabel (Cerema) ; les impacts écologiques des changements de taille des organismes marins induits par le réchauffement, avec Martin Huret et Mathieu Doray, chercheurs en écologie halieutique à l’Ifremer ; et les effets cumulés des activités humaines sur les habitats de fond de mer, avec Frédéric Quemmerais-Amice (OFB). Le vendredi 18 septembre, une dernière session portera sur la qualité des données dans les pêcheries artisanales, essentielles aux communautés littorales mais insuffisamment prises en compte dans les évaluations scientifiques.
| Repère | Détail |
|---|---|
| Dates | 15 au 18 septembre 2026 |
| Lieu | Le Quartz, Brest |
| Participants | Près de 850 chercheurs et experts |
| Programme | 18 sessions thématiques, 7 séances de networking |
| Organisation locale | Ifremer, UBO, Brest Métropole, Finistère, région Bretagne |
Brest, vitrine du plus grand campus scientifique maritime de France
À la veille du congrès, le lundi 14 septembre, le Campus mondial de la mer coordonnera des visites de découverte de l’écosystème scientifique brestois : le projet ISblue, qui associe les universités UBO et UBS, des organismes de recherche (CNRS, Ifremer, IRD) et des écoles d’ingénieurs (École Navale, Bretagne INP, ENSTA-Bretagne, IMT-Atlantique), mais aussi France Énergies Marines, Eolink, Brest Port, le Cedre, Océanopolis, la Station Biologique de Roscoff ou encore France Haliotis. Une visite du navire océanographique Thalassa, amarré à Brest, est également prévue.
Cette escale rappelle le rôle de la ville comme port d’attache de la Flotte océanographique française, opérée par l’Ifremer et classée parmi les cinq plus importantes flottes scientifiques au monde. Deux temps forts complètent le programme : une réception de bienvenue à l’Hôtel de Ville de Brest le 15 septembre au soir, et la session posters du 16 septembre.
Au-delà de la semaine de conférences, l’enjeu pour Brest est aussi de renforcer sa visibilité internationale comme pôle de sciences marines, dans un contexte où les grands dossiers du congrès (adaptation de la pêche au changement climatique, cohabitation entre éolien en mer et biodiversité, qualité des données halieutiques) recoupent directement les priorités de la façade maritime bretonne. Les prochaines éditions du congrès CIEM se tiendront dans d’autres pays hôtes, selon le principe de rotation annuelle de l’organisation.
Sources
- ICES (CIEM), site officiel : annonce officielle de la tenue du congrès à Brest et de son programme scientifique.
- Énergies de la Mer, 8 septembre 2026 : présentation de l’événement et de son organisation locale.