34,3 millions d’euros : la renaissance du Pavillon Tropical d’Océanopolis à Brest
Alors qu’Océanopolis fait cette année une partie de sa peau neuve, le centre brestois dédié à la culture scientifique de l’océan achève la deuxième phase de son chantier de rénovation, baptisé Métamorphose. Budget total de l’opération : 34,3 millions d’euros, financés notamment par Brest Métropole, la Région Bretagne et l’État.
Un chantier en deux temps pour une institution vieille de 35 ans
Lancée en 2023, la Métamorphose d’Océanopolis est le projet de rénovation le plus ambitieux mené par l’établissement depuis son extension en 2000, année de création des pavillons Tropical et Polaire. Une première phase, achevée à l’été puis en septembre 2024, a permis l’ouverture d’un nouveau bâtiment accueil-billetterie directement accessible depuis l’extérieur, ainsi que la création de la Cité des Océanautes, un espace dédié au jeune public, et de jardins d’intérêt botanique. Un espace enfant de 450 m², pensé pour les 6-12 ans, a également vu le jour à l’emplacement de l’ancienne boutique, elle-même déplacée dans le nouveau bâtiment d’accueil pour devenir accessible sans même entrer sur le site, une demande de longue date des Brestois selon la direction.

La seconde phase, engagée depuis septembre 2024, porte sur la rénovation complète du pavillon Tropical et la transformation du pavillon Polaire en pavillon Austral. « Métamorphose est le projet le plus ambitieux porté par Océanopolis depuis ses 35 années d’existence. Il s’agit de la rénovation complète et complexe d’espaces d’exposition qui avaient ouvert leurs portes en 2000. Ces derniers mois, les pavillons Tropical et Austral ont fait face à des aléas techniques importants qui ont nécessité un traitement en profondeur pour apporter des réponses pérennes pour l’avenir », explique Nathalie Péron-Lecorps, directrice d’Océanopolis. Le pavillon Tropical doit rouvrir ses portes cet été, tandis que le pavillon Austral, dont l’ouverture a depuis été repoussée au tout début de l’année 2027, reste pour l’heure fermé au public.
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Une approche écosystémique plutôt qu’une collection d’espèces
Au-delà de la modernisation des infrastructures, la Métamorphose vise à renforcer ce que l’équipe du milieu vivant d’Océanopolis appelle l’approche écosystémique de la présentation du vivant. « Présenter un aquarium selon une approche écosystémique revient à montrer comment le vivant fonctionne ensemble. L’objectif est de montrer le fonctionnement d’un écosystème, pas seulement sa biodiversité », détaille Dominique Barthelemy, conservateur en charge du milieu vivant à Océanopolis. Trois nouveaux aquariums illustrent cette approche au sein du pavillon Tropical : un lagon peu profond où cohabitent coraux, bénitiers géants aux couleurs chatoyantes et poissons récifaux, une colonne de trois mètres de diamètre consacrée à la vie en banc sur les fonds sableux, avec notamment une colonie de plus de 200 anguilles jardinières, et un récif mésophotique reconstituant les profondeurs coralliennes méconnues, situées entre 40 et 200 mètres.
Le conservateur souligne l’enjeu scientifique de ce dernier espace : « De nombreuses espèces sont découvertes très régulièrement dans ces milieux méconnus. Dans le contexte des menaces qui planent sur les récifs coralliens, l’étude des écosystèmes mésophotiques est essentielle ». Le parcours de visite se prolonge par un carbet scientifique, dispositif scénographique inspiré des stations de recherche du CNRS en Guyane, où sons, odeurs et températures recréent l’atmosphère d’une forêt tropicale humide, complété par des enregistrements sonores de biodiversité captés en Guyane par l’audionaturaliste Fernand Deroussen.
| Budget total du projet | 34,3 millions d’euros |
| Financement Brest Métropole | 15,5 millions d’euros (45 %) |
| Financement Région Bretagne | 7 millions d’euros |
| Financement État | 3,5 millions d’euros |
| Fréquentation visée | 450 000 visiteurs par an (415 000 en 2022) |
| Réouverture pavillon Tropical | été 2026 |
Des métiers multiples au service de la médiation scientifique
Cette transformation matérielle s’accompagne d’une mise en lumière des métiers qui font vivre l’établissement au quotidien. Océanopolis emploie 80 salariés permanents, renforcés jusqu’à 150 personnes en haute saison, pour un chiffre d’affaires d’environ 11,5 millions d’euros. Médiateurs scientifiques, plongeurs, vétérinaires, soigneurs et spécialistes des coraux se relaient pour veiller sur le millier d’espèces marines hébergées par le centre tout en partageant leurs connaissances avec un public nombreux : 40 % des visiteurs ont moins de 13 ans, et l’établissement accueille chaque année environ 35 000 élèves dans le cadre de sorties scolaires.
Cette dimension pédagogique reste, selon la direction d’Océanopolis et de Brest’Aim, l’entreprise publique locale qui gère l’équipement, au cœur du projet. Stéphane Maby, directeur de Brest’Aim, tient à cet égard à distinguer médiation scientifique et militantisme : « Nous avons changé certaines thématiques pour évoquer les grands enjeux autour de la préservation de l’océan (…) mais cela ne veut pas dire militant. Nous continuons notre mission de médiation des travaux des scientifiques en restant factuel ». Une ligne éditoriale que l’établissement brestois, dont l’aura dépasse largement les frontières bretonnes selon Mer et Marine, entend conserver alors qu’il s’apprête à rouvrir, pièce par pièce, l’un des espaces qui a fait sa renommée depuis un quart de siècle.
Sources
- 34 millions d’euros pour la métamorphose d’Océanopolis, Le Journal des Entreprises, source primaire sur le budget, le financement et les objectifs de fréquentation, avec citations de la direction.
- Métamorphose d’Océanopolis : point sur la rénovation du « Pavillon Tropical » et du « Pavillon Austral », Brest Métropole aménagement, détails sur les nouveaux aquariums et citations de l’équipe scientifique.