H2med : le pipeline hydrogène BarMar entre en phase d’ingénierie finale

La façade méditerranéenne française se prépare à accueillir l’une des infrastructures énergétiques les plus ambitieuses du continent. Et le calendrier vient de s’accélérer.

Le cap des études préliminaires est franchi

Le projet BarMar, ce pipeline sous-marin de 400 kilomètres qui doit relier Barcelone au hub industriel de Fos-sur-Mer, près de Marseille, vient d’achever sa phase d’études préliminaires (pre-FEED). Verdict : la faisabilité technique d’ensemble est confirmée, tant pour la canalisation que pour la station de compression. Un corridor de tracé avancé a également été défini, en s’appuyant sur les premiers résultats de l’étude d’impact environnemental, toujours en cours.

Le projet entre désormais en phase FEED (front-end engineering design), l’ingénierie de détail qui doit figer l’architecture technique finale : tracé définitif, configuration de la station de compression, dossiers d’autorisation et spécifications techniques nécessaires à la préparation du chantier et aux achats de matériaux.

H2med BarMar

Cette phase intégrera aussi les enseignements des concertations publiques menées en France et en Espagne, achevées ce mois-ci. Côté français, les garants de la concertation publieront un bilan assorti de recommandations que les porteurs du projet devront prendre en compte.

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2 millions de tonnes d’hydrogène par an vers 2032

BarMar est la pièce maîtresse de H2med, présenté comme le premier grand corridor européen d’hydrogène vert. L’initiative, lancée par la France, l’Espagne et le Portugal avec le soutien de l’Allemagne, est portée par les gestionnaires de réseaux de transport : Enagás, NaTran, OGE, REN et Teréga.

Longueur 400 km sous-marins
Tracé Barcelone → Fos-sur-Mer
Capacité 2 millions de tonnes d’hydrogène/an
Financement européen (CEF, janv. 2025) plus de 28 M€
Mise en service commerciale visée 2032

« Nous passons des études de faisabilité à la modélisation industrielle concrète, une étape clé pour soutenir les objectifs de décarbonation de l’Europe », a déclaré Francisco de la Flor, directeur général de BarMar (propos traduits). Le projet, désigné Projet d’intérêt commun (PCI) et « autoroute énergétique » par la Commission européenne, vise une mise en service en 2032, « sous réserve que toutes les conditions réglementaires soient réunies sur l’ensemble du corridor H2med ».

L’enveloppe de plus de 28 millions d’euros allouée en janvier 2025 par la Commission européenne au titre du Connecting Europe Facility a notamment financé les études d’ingénierie, les campagnes de relevés marins et environnementaux et les travaux liés aux demandes d’autorisation.

Prochaine étape : le choix des ingénieristes, avant la décision finale d’investissement

Le calendrier immédiat prévoit l’attribution des contrats d’ingénierie FEED et d’une campagne détaillée de relevés marins offshore. Ces études fourniront la base technique dont les partenaires et investisseurs ont besoin pour prononcer la décision finale d’investissement (FID), préalable au lancement de la construction.

Au-delà de BarMar, le corridor H2med comprend également CelZa, une interconnexion hydrogène entre Celorico da Beira au Portugal et Zamora en Espagne. L’ambition : connecter les réseaux d’hydrogène de la péninsule Ibérique à ceux de la France, de l’Allemagne et de l’Europe du Nord-Ouest.

Pour Fos-sur-Mer, déjà en pleine mutation industrielle, l’arrivée d’un terminal d’hydrogène de cette ampleur confirmerait le rôle de la zone industrialo-portuaire de Marseille comme porte d’entrée énergétique du sud de l’Europe. Rendez-vous aux prochaines échéances : le rapport des garants de la concertation, puis l’attribution des contrats FEED.

Sources