4 sous-marins, 5,6 milliards d’euros : la France resserre son alliance sous-marine avec les Pays-Bas

Un avenant signé le 17 juillet à La Haye ouvre un peu plus la construction des futurs sous-marins néerlandais à l’industrie locale. Il scelle aussi l’arrivée programmée de la torpille française F21 à bord de ces bâtiments.

Un avenant signé à La Haye pour ouvrir la chaîne industrielle

Le 17 juillet 2026, le ministère néerlandais des Affaires économiques et du Climat et Naval Group ont signé, à La Haye, un avenant à l’accord de coopération industrielle (Industrial Cooperation Agreement, ICA) qui encadre le programme de remplacement des sous-marins néerlandais, connu sous le nom de Replacement Netherlands Submarine Capability (RNSC). Ce texte permet à l’industriel français de contractualiser avec de nouvelles entreprises néerlandaises pour la fabrication des sous-marins de classe Orka et des torpilles lourdes F21 qui les équiperont.

L’accord de coopération industrielle initial avait été formalisé le 10 septembre 2024 avec le ministère néerlandais des Affaires économiques. Il engage Naval Group à coopérer avec de nombreuses entreprises et centres de connaissance néerlandais clés sur une période de vingt ans, afin de consolider les bases d’une autonomie néerlandaise durable en matière de maintenance et de futures modernisations des sous-marins, tout en approfondissant la coopération et le partage de connaissances entre les industries navales française et néerlandaise.

« Avec cet avenant, nous franchissons une nouvelle étape dans notre coopération avec l’industrie néerlandaise. L’expertise néerlandaise en travail des métaux, traitement de surface et systèmes électroniques avancés est d’une grande valeur dans ce contexte » (propos traduits), a déclaré Mark Donderwinkel, directeur pays de Naval Group pour les Pays-Bas, cité dans le communiqué de l’industriel français.

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Le programme Orka, colonne vertébrale de la coopération franco-néerlandaise

Le programme Orka doit remplacer les quatre sous-marins de la classe Walrus actuellement en service dans la marine royale néerlandaise. En 2024, les Pays-Bas ont retenu Naval Group pour leur fournir quatre sous-marins de la famille Blacksword Barracuda, pour un montant évalué à environ 5,6 milliards d’euros. Les futurs bâtiments porteront les noms Orka, Zwaardvis, Barracuda et Tijgerhaai. Le Parlement néerlandais a validé cette acquisition le 11 juin 2026.

L’autonomie stratégique constitue un facteur clé de ce programme. Naval Group y répond par un plan de coopération industrielle ambitieux, formalisé par l’ICA de 2024 puis complété par l’avenant du 17 juillet. Selon le site spécialisé Naval News, qui a publié in extenso le communiqué de Naval Group, ce nouvel accord traduit l’engagement du groupe français à associer les partenaires néerlandais à cette nouvelle phase du programme Orka.

Élément Donnée
Signature de l’ICA initial 10 septembre 2024
Sous-marins commandés 4 (classe Orka : Orka, Zwaardvis, Barracuda, Tijgerhaai)
Montant estimé du contrat sous-marins environ 5,6 milliards d’euros
Validation par le Parlement néerlandais 11 juin 2026
Contrat des torpilles F21 signé le 16 juin 2026
Avenant à l’ICA signé le 17 juillet 2026
Durée de la coopération industrielle 20 ans

Torpilles F21 : un revirement stratégique face aux Américains

L’arrivée de la torpille française F21 à bord des Orka n’allait pourtant pas de soi. Les Pays-Bas prévoyaient initialement d’équiper leurs futurs sous-marins de torpilles lourdes américaines Mk48, la solution déjà utilisée sur les Walrus vieillissants. Le 3 mars 2026, le ministère néerlandais de la Défense a annoncé un revirement en faveur de la F21 Mk2 développée par Naval Group, selon Mer et Marine. Le contrat d’achat de ces torpilles a finalement été signé le 16 juin 2026 entre les deux parties.

Avec cette commande, la marine royale néerlandaise devient la première flotte de sous-marins conventionnels de l’OTAN à opérer la F21, entrée en service dans la Marine nationale française en 2022 dans le cadre du programme Artémis, qui a succédé à la torpille F17. En retenant à la fois le sous-marin et son armement principal auprès du même industriel, La Haye confie à Naval Group la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur du programme Orka, de la conception du sous-marin jusqu’à son armement.

Une coopération qui s’étend à d’autres programmes navals

Cette relation industrielle intervient alors que Naval Group et les Pays-Bas explorent d’autres pistes de coopération. Selon le site spécialisé Meta-Defense, qui cite le média néerlandais Marineschepen.nl, La Haye et Paris ont entamé des échanges préliminaires autour d’une éventuelle frégate de défense et d’intervention (FDI) française, alors que le programme commun avec la Belgique pour de futurs bâtiments de surface rencontre des difficultés. Ces discussions restent à un stade précoce et ne préjugent d’aucune décision de commande.

Sous-marins Orka Naval Group renforce son alliance aux Pays-Bas

Le calendrier du programme Orka reste pour l’instant fixé par le contrat de 2024 : les deux premiers sous-marins doivent être livrés dans un délai d’une dizaine d’années. L’avenant du 17 juillet, en ouvrant la fabrication à de nouvelles entreprises néerlandaises, doit permettre à cette chaîne industrielle de monter en puissance à mesure que le programme entre dans sa phase d’ingénierie détaillée, torpilles comprises.

Sources