12 avions d’ici 2031 : les deux premiers Falcon Albatros rejoignent la Marine nationale

Deux exemplaires du Falcon 2000 LXS Albatros ont rejoint la base d’aéronautique navale de Lann-Bihoué, dans le Morbihan. Ces nouveaux avions de surveillance et d’intervention maritime doivent, à terme, remplacer les vieillissants Falcon 50M et Falcon 200 Gardian de la Marine nationale.

Une livraison officialisée par un communiqué de la DGA

C’est une étape attendue depuis plusieurs années pour l’aéronautique navale française. Dans un communiqué publié le 8 septembre, la Direction générale de l’armement (DGA) a confirmé que les deux premiers Falcon 2000 LXS Albatros du programme AVSIMAR (avions de surveillance et d’intervention maritime) ont été livrés à la Marine nationale les 27 et 31 juillet, après leur réception par la DGA et une première phase d’essais menée notamment depuis la base aérienne d’Istres-Le Tubé. Le premier appareil avait réalisé son vol inaugural le 24 janvier 2025 à Mérignac.

Falcon 2000 LXS Albatros

Les deux avions sont désormais basés à Lann-Bihoué, près de Lorient, au sein de la flottille 24F, qui sera la première unité opérationnelle à mettre en œuvre l’Albatros. Le Centre d’expérimentations pratiques et de réception de l’aéronautique navale (CEPA/10S), jusqu’ici présent à Istres pour les essais conduits avec la DGA et Dassault Aviation, a lui aussi entamé sa « transhumance » vers la Bretagne pour y conduire les expérimentations militaires, en parallèle de la formation des premiers équipages.

« Le premier Albatros de série va nous être livré cet été. Nous allons opérer cette transhumance vers Lorient pour conduire des expérimentations militaires au contact de la flottille 24F, et former en parallèle les premiers équipages », avait expliqué au printemps le capitaine de vaisseau Vincent Isorce, commandant du CEPA/10S, à Mer et Marine. Avec l’arrivée non pas d’un mais des deux premiers appareils avant la fin juillet, cette phase est désormais engagée. La livraison ne signifie cependant pas encore l’entrée en service opérationnel : une première capacité opérationnelle (PCO) est attendue avant la fin de l’année 2026, tandis qu’un troisième Albatros doit être livré dans les prochains mois.

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Radar de Thales, optronique de Safran, système de mission de Naval Group

Développé par Dassault Aviation à partir du Falcon 2000LXS, biréacteur d’affaires déjà vendu en plusieurs centaines d’exemplaires dans le monde, l’Albatros associe les savoir-faire de plusieurs grands noms de l’industrie de défense française. Son capteur principal est le SearchMaster de Thales, un radar de surveillance multifonction à antenne active fonctionnant en bande X, installé sous le fuselage. Il est complété par une boule optronique Euroflir 410 de Safran, qui permet l’identification et le suivi à grande distance de cibles navales, terrestres ou aériennes, de jour comme de nuit. L’ensemble des capteurs est géré par un système de mission développé par Naval Group, auquel s’ajoutent des communications satellite et une liaison de données tactiques L22.

Selon la DGA, le rayon d’action de l’Albatros est supérieur de 10 à 30 % à celui des Falcon 200 Gardian et 50M qu’il doit remplacer.

Caractéristique Donnée
Longueur / envergure 20,2 m / 21,4 m
Masse à vide / en charge 11 t / 18 t
Autonomie jusqu’à 7 400 km ou 8 heures de vol
Flotte cible du programme AVSIMAR 12 appareils d’ici 2031
Base d’affectation Lann-Bihoué (Morbihan), flottille 24F

L’appareil est destiné à la surveillance des approches et des espaces maritimes, à la police des pêches, à la lutte contre les trafics et la pollution, à la recherche et au sauvetage ainsi qu’à l’assistance aux populations après une catastrophe naturelle. Il ne remplace en revanche pas les Atlantique 2, chargés des missions de lutte anti-sous-marine.

« Ces aéronefs apportent une réponse performante aux enjeux majeurs de souveraineté, de sûreté maritime et d’action de l’État en mer : lutte contre la pollution et les trafics, surveillance des frontières et des zones économiques exclusives, police des pêches, recherche et sauvetage en mer, évacuations sanitaires… Il est naturel que la France, qui dispose du deuxième domaine maritime mondial, soit à la pointe de l’utilisation de tels avions », a déclaré Éric Trappier, président-directeur général de Dassault Aviation, dans le communiqué publié par l’avionneur le 9 septembre.

Un calendrier de livraisons étalé jusqu’en 2031

Le programme AVSIMAR a été lancé en 2020 avec la commande d’une première tranche de sept appareils. Cinq avions supplémentaires ont été notifiés le 26 septembre 2025, portant à douze le nombre total d’Albatros sous contrat. Un troisième exemplaire doit être livré avant la fin de l’année 2026, puis les livraisons suivantes se poursuivront au rythme de deux appareils par an. À ce rythme, onze des douze avions devraient avoir été livrés avant la fin de l’année 2030, le dernier suivant en 2031.

Cette flotte de douze Albatros doit remplacer une flotte originelle composée de huit Falcon 50M et cinq Falcon 200 Gardian, dont le retrait a débuté en 2025. Dans l’intervalle, cinq des huit Falcon 50M de la 24F bénéficient d’une modernisation de leur optronique (nouvelle boule Euroflir 410, standard Triton) afin d’assurer temporairement la relève des Gardian dans le Pacifique : deux Falcon 50M Triton ont déjà rejoint la flottille 25F en Polynésie française, où le dernier Gardian basé à Tahiti a été retiré du service au printemps 2026. Un Falcon 200 reste pour l’instant actif en Nouvelle-Calédonie.

Le programme AVSIMAR prévoit enfin une seconde phase, consacrée à des drones complémentaires (comme l’Aarok de Turgis Gaillard ou l’EyePulse de Daher, évoqués par l’industrie), afin d’atteindre la totalité des objectifs de surveillance fixés à la Marine nationale. D’ici la fin de l’année, l’attention se portera sur l’obtention de la première capacité opérationnelle des deux Albatros déjà basés à Lann-Bihoué, étape clé avant une montée en cadence qui s’étirera sur toute la décennie.

Sources