2 090 dossiers déposés : la pêche française obtient un sursis sur le carburant
Face à la flambée du prix du carburant, le gouvernement prolonge jusqu’à la fin de l’année la prise en charge à 70 % du surcoût pour les navires de pêche. Le Comité national des pêches (CNPMEM) salue une avancée, mais prévient que le dialogue doit se poursuivre, notamment en Méditerranée.
Ce qu’annonce la ministre de la Mer
Dans un communiqué diffusé le 17 septembre, le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) a réagi aux annonces de Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, concernant la crise du carburant qui frappe la filière depuis plusieurs mois. L’organisation professionnelle salue la qualité des échanges avec la ministre et les premières réponses apportées aux revendications exprimées par les pêcheurs ces derniers jours.

Deux mesures concrètes ont été confirmées. D’une part, la prolongation jusqu’à la fin de l’année de la prise en charge à 70 % du surcoût constaté du carburant, un dispositif indexé sur les variations des cours pour tenir compte de la volatilité du marché. D’autre part, la mise en place d’un prêt à taux zéro, présenté comme une réponse aux difficultés de trésorerie que rencontrent certains armements du fait de la durée de la crise et des délais de paiement.
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Une filière sous tension depuis des mois, en métropole comme en Outre-mer
Le CNPMEM rappelle l’ampleur du choc économique traversé par la filière. La hausse du prix du carburant pèse directement sur l’activité et l’équilibre économique des entreprises de pêche partout en France, dans l’Hexagone comme en Outre-mer. Signe de la gravité de la situation, 2 090 entreprises ont déposé un dossier pour bénéficier du dispositif d’aide au titre des mois d’avril et de juin.
Pour une flotte de pêche où le carburant représente une part significative des charges d’exploitation, cette instabilité des prix fragilise directement la viabilité économique des armements, en particulier les plus petites unités qui disposent de peu de trésorerie pour absorber les à-coups. C’est ce contexte qui explique la mobilisation de la profession ces dernières semaines et la pression mise sur les pouvoirs publics pour obtenir des réponses rapides.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Prise en charge du surcoût carburant | 70 %, prolongée jusqu’à fin 2026 |
| Entreprises ayant déposé un dossier d’aide | 2 090 (au titre d’avril et juin) |
| Nouvelle mesure annoncée | Prêt à taux zéro pour la trésorerie |
| Zone géographique concernée | Hexagone et Outre-mer |
| Déplacement ministériel | Sète et Grau-du-Roi, lundi 21 septembre |
Le dialogue doit se poursuivre, notamment en Méditerranée
Le CNPMEM prend soin de ne pas présenter ces annonces comme un solde de tout compte. L’organisation souligne que d’autres sujets de fond restent à traiter et que le dialogue engagé devra se poursuivre, en particulier en Méditerranée, où de nouveaux échanges étaient prévus à l’occasion d’un déplacement de la ministre, lundi 21 septembre, à Sète et au Grau-du-Roi.
Olivier Le Nézet, président du CNPMEM, resitue l’enjeu au-delà de la seule question tarifaire : « Cette mobilisation rappelle une réalité : la France doit pouvoir continuer à produire et à se nourrir grâce à ses pêcheurs. Nous avons été entendus sur plusieurs urgences, mais il faut maintenant donner à nos entreprises les moyens de vivre de leur métier et de se projeter. Derrière elles, ce sont des navires, des emplois, des territoires et notre souveraineté alimentaire qui sont en jeu. »
Le comité affirme rester pleinement mobilisé pour que le dialogue engagé se traduise dans la durée et que les décisions annoncées soient effectivement mises en œuvre. Un point de vigilance qui n’a rien d’anecdotique dans une filière où les aides ponctuelles ont parfois tardé à se concrétiser sur le terrain, entre lourdeurs administratives et délais de versement. La suite dépendra en grande partie des échanges du 21 septembre en Méditerranée, une façade où les tensions sur les prix du carburant se combinent à d’autres difficultés propres à la pêche méditerranéenne, comme les restrictions d’effort de pêche.