Réparations en Crète : le USS Gerald R. Ford face aux critiques de l’armée

« Poussé à bout » après 9 mois en mer, au Venezuela puis avec son intervention au Moyen-Orient, le porte-avions devait être réparé rapidement.

Un incendie a stoppé le porte-avions

L’USS Gerald R. Ford est attendu à Souda Bay pour entreprendre des réparations indispensables visant à restaurer les zones affectées. Il est également probable que certains matelas et articles de literie, gravement endommagés par l’incendie, soient remplacés durant cette escale. Le porte-avions devrait également procéder au ravitaillement et au réapprovisionnement de son groupe aérien, qui a été intensément mobilisé lors des récentes opérations en réponse aux actions de l’Iran, tant en Méditerranée orientale qu’en Mer Rouge.

Un repos mérité pour son équipage

Cette escale est susceptible d’offrir un repos bienvenu à l’équipage, qui connaît un déploiement sans précédent, tandis que les conditions d’hygiène et de confort à bord se sont détériorées en raison de pannes récurrentes des installations sanitaires, aggravées par l’incendie qui a contraint de nombreux marins américains à passer la nuit sur le sol ou sur des tables.

USS Gerald R. Ford (CVN-78)

Une pause d’une durée indéfinie

L’US Navy n’a pas précisé la durée exacte de cet arrêt, le qualifiant pour l’instant de temporaire. Il reste à voir si le porte-avions reprendra ses missions dans la région après les réparations ou si celles-ci ne visent qu’à lui permettre de tenir jusqu’à un retour rapide à sa base de Norfolk, sur la côte Est des États-Unis.

Une autre possibilité envisageable serait que le Ford, une fois les réparations effectuées, rejoigne provisoirement le dispositif américain, adoptant une posture défensive près de la côte israélienne, en attendant le déploiement de l’USS George H.W. Bush dans la zone, probablement dans un mois. Tout dépendra sans aucun doute de l’ampleur des réparations à réaliser par les équipes techniques lors de l’escale à Crète.

Quoi qu’il en soit, il est très probable que la période de maintenance prévue après le retour du porte-avions aux États-Unis s’annonce longue et complexe. La durée presque record de ce déploiement, les problèmes persistants de plomberie, la charge de maintenance sur certains systèmes critiques (comme les catapultes et les brins d’arrêt électromagnétiques) ainsi que les conséquences de l’incendie pourraient prolonger son séjour au port ou en bassin de radoub.

USS Gerald R. Ford 2017

Pour l’heure, l’urgence réside dans la capacité du Ford à repartir de manière autonome pour achever son déploiement prolongé. La base navale de Souda, située sur la côte nord de la Crète, est fréquemment utilisée par la marine américaine pour accueillir de grands navires et fournir un soutien logistique et technique, y compris des opérations de maintenance relativement légères.

Lire en complément: Pénurie de tungstène en France : 100 000 tonnes inexploitées alors que la demande atteint 50 ans de consommation.

Le besoin en Iran

L’arrivée du Ford en Crète coïncide avec la démonstration par l’Iran de sa capacité à cibler des bases américaines éloignées du conflit, comme celle de Diego Garcia, dans l’océan Indien. Si cela fait partie d’une nouvelle stratégie de Téhéran, la base crétoise où se trouve le porte-avions Ford pourrait alors devenir une cible légitime (et symbolique) pour le régime iranien.

Dans le meilleur des cas, il est envisageable que deux ou trois navires de surface américains restent à disposition défensive de la base de Souda dans les jours à venir, ce qui ne leur permettra pas d’accomplir les missions anti-missiles et anti-drones au large des côtes israéliennes.