Marseille-Fos : ce record de conteneurs qui contredit la crise internationale
Guerre en Ukraine, tensions en mer Rouge et dans le détroit d’Ormuz : le contexte international 2026 s’annonçait périlleux pour le transport maritime. Le port de Marseille-Fos affiche pourtant un record de trafic conteneurs sur les six premiers mois de l’année.
Un trafic global en léger repli, sauf sur les conteneurs
Le Grand port maritime de Marseille (GPMM) a tenu sa traditionnelle conférence de presse biannuelle début juillet 2026 pour présenter le bilan de son premier semestre. Sur les six premiers mois de l’année, le trafic global s’établit à 36,4 millions de tonnes, en léger retrait de l’ordre de 3 % par rapport à la même période de 2025. Un chiffre à mettre en regard de facteurs jugés conjoncturels par la direction du port : le trafic de gaz naturel liquéfié a notamment chuté de 46 %, une baisse que le port attribue à des incidents sur le réseau gazier terrestre qui dessert ensuite le site, ayant contraint à détourner certaines importations vers d’autres ports. L’activité sidérurgique, également en baisse, serait quant à elle en cours de reprise.
Face à ces reculs, l’activité conteneurs s’est nettement démarquée. Sur la période, 823 127 équivalents vingt pieds (EVP) ont transité par les quais de Marseille-Fos, soit une progression de 13 % par rapport à 2025, portée notamment par la croissance des échanges avec la Chine et l’Algérie. En tonnage, la hausse atteint même 18 %, un niveau qualifié de « record » par la direction du port.
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« Très peu d’impact » du contexte géopolitique, selon le port
« Malgré un contexte international instable, avec la guerre en Ukraine, les tensions en mer Rouge, dans le Golfe, le détroit d’Ormuz […] défavorable pour le secteur [du transport maritime], il y a très peu d’impact sur l’activité du Port », a estimé Hervé Martel, président du directoire du GPMM, lors de cette conférence de presse. Il a justifié cette relative immunité par la faible exposition du port aux flux en provenance directe du Golfe.
Sur le volet pétrolier, la tendance est également à la hausse : le trafic de pétrole brut progresse de 10 % sur un an, une évolution que le port attribue au fonctionnement à plein régime des raffineries de la zone. Le tourisme de croisière confirme lui aussi sa dynamique, avec 1,2 million de passagers accueillis sur le semestre, en progression de 5 % par rapport à 2025.
« C’est +18 % en tonnage […] Un record. Peu de ports en Europe doivent connaître une telle croissance », a insisté Hervé Martel à propos des conteneurs, avant de mettre en avant un second record, celui des investissements du port dans ses infrastructures industrielles, logistiques et maritimes : « On a déjà engagé 95 millions d’euros, et on devrait atteindre 125 millions d’investissement à la fin de l’année. En 2020, quand je suis arrivé, c’était 51 millions ».
| Indicateur (1er semestre 2026) | Valeur | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Trafic global | 36,4 Mt | -3 % |
| Conteneurs | 823 127 EVP | +13 % (+18 % en tonnage) |
| Pétrole brut | – | +10 % |
| Gaz naturel liquéfié | – | -46 % |
| Croisières | 1,2 million de passagers | +5 % |
| Investissements engagés | 95 M€ (objectif 125 M€ fin 2026) | vs 51 M€ en 2020 |
Un pari industriel qui se joue aussi du côté de Fos
Au-delà des chiffres de trafic, la direction du port met en avant la multiplication des investissements privés dans les bassins ouest, du côté de Fos. Parmi les projets en cours figure notamment le projet Mistral porté par l’industriel italien Marcegaglia : une future usine XXL de production d’acier bas carbone, pour un investissement annoncé de 1,2 milliard d’euros. Ce type de projet illustre la stratégie du port, qui cherche à capter une partie de la réindustrialisation décarbonée aux côtés de sa croissance logistique.

Reste que la trajectoire du port dépendra largement de l’évolution de la situation internationale sur la deuxième moitié de l’année. La direction du GPMM se veut prudente sur le trafic gazier, dont la reprise dépendra de la remise en état du réseau terrestre, tandis que l’objectif de 125 millions d’euros d’investissements annuels, s’il est atteint, marquerait un nouveau record pour l’établissement par rapport aux 51 millions d’euros engagés en 2020.