11 % des emplois du Finistère dépendent de la mer, révèle l’Insee

En 2023, l’économie maritime employait près de 375 000 salariés en France, selon une étude de l’Insee publiée fin juillet. Un poids économique tiré par le tourisme littoral, mais où le Finistère occupe une place à part : plus d’un emploi sur dix y dépend directement de la mer.

Une économie maritime qui pèse 1,6 % de l’emploi salarié français

Selon l’étude Insee Focus n°384, publiée le 30 juillet 2026 en partenariat avec le Service des données et études statistiques (SDES), l’économie maritime employait 374 600 salariés en équivalent temps plein (ETP) en 2023, soit 1,6 % de l’emploi salarié en France hors Mayotte. Près de la moitié de ces emplois, 184 500 ETP, relèvent du tourisme littoral : hébergement, restauration, sites touristiques ou activités sportives situées sur le littoral.

L’économie maritime comprend également les effectifs de la Marine nationale, soit 31 300 salariés. En dehors du tourisme et de la Marine, elle emploie 158 800 salariés, répartis principalement entre les produits de la mer (43 200 emplois : pêche, aquaculture, transformation, mareyage), la construction et la réparation de navires (46 300 emplois) et le transport maritime et fluvial (43 500 emplois, assurances maritimes comprises). Viennent ensuite la logistique portuaire (8 200 emplois), les travaux publics maritimes et fluviaux (7 900 emplois), l’intervention publique et la recherche environnementale littorale (7 800 emplois), et l’extraction de matériaux marins et la production d’énergie (1 900 emplois). L’étude recense en complément 33 100 emplois non salariés, majoritairement dans le tourisme littoral.

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Le Finistère, l’un des départements les plus dépendants de la mer

Sans surprise, les emplois de l’économie maritime se concentrent dans les départements littoraux : plus de neuf salariés sur dix y travaillent. En nombre absolu, trois départements dominent largement le classement : les Bouches-du-Rhône (36 400 salariés), le Var (36 300 salariés) et le Finistère (32 700 salariés).

C’est toutefois en proportion que le Finistère se distingue. Avec 11,15 % de ses emplois salariés liés à la mer, le département breton fait partie des trois seuls territoires de France, avec le Var (12,29 %) et la Corse-du-Sud (10,87 %), où plus d’un emploi sur dix dépend de l’économie maritime. Le Morbihan (16 477 emplois, 6,95 %), la Seine-Maritime (17 407 emplois, 3,94 %) et la Manche (10 253 emplois, 6,46 %) suivent, à distance. L’Insee souligne un cas extrême : dans le bassin de vie de Crozon, 2 400 emplois maritimes, soit 92 % de l’emploi local, sont liés à la présence de la base militaire de la rade de Brest.

« Bien que présents sur l’ensemble du territoire, les emplois de l’économie maritime sont concentrés dans les départements littoraux du fait de la proximité immédiate de la mer : plus de neuf salariés sur dix y travaillent », souligne l’Insee dans son étude.

port de pêche breton, finistere

Construction navale et transport, les bastions bien rémunérés de la façade Nord Atlantique – Manche Ouest

À l’échelle des façades maritimes, la Bretagne et les Pays de la Loire relèvent de la façade « Nord Atlantique – Manche Ouest », qui totalise 82 231 emplois maritimes, la deuxième derrière la façade Méditerranée (137 433 emplois, portée à 68 % par le tourisme). Contrairement aux façades méditerranéenne et sud-atlantique, où le tourisme domine très largement, la façade Nord Atlantique – Manche Ouest se distingue par le poids de la construction et de la réparation navales, qui y représentent 41 % des emplois maritimes du secteur, en raison notamment de la présence du port de Saint-Nazaire, ainsi que 32 % des emplois nationaux liés aux produits de la mer.

Ces activités industrielles sont aussi les mieux rémunérées de la filière. Le salaire horaire net moyen dans la construction et la réparation de navires atteint 20,7 euros, et 24 euros dans le transport maritime et fluvial, contre 17,3 euros pour l’ensemble de l’économie maritime et 17 euros pour l’ensemble de l’économie française. Ces deux domaines comptent aussi davantage de cadres (37 % dans la construction navale, contre 11,6 % en moyenne dans l’économie maritime) et une part d’hommes très supérieure à la moyenne, autour de trois salariés sur quatre hors tourisme littoral. À l’inverse, le tourisme littoral emploie davantage de jeunes (22,8 % de moins de 25 ans) et de femmes (48,2 %), mais avec des salaires nettement inférieurs, 12,91 euros net de l’heure en moyenne.

Indicateur Valeur
Emplois économie maritime en France (2023, ETP) 374 600
Part de l’emploi salarié national 1,6 %
Emplois liés au tourisme littoral 184 500
Emplois de la Marine nationale 31 300
Finistère : emplois maritimes 32 684 (11,15 % des emplois du département)
Morbihan : emplois maritimes 16 477 (6,95 %)
Côtes-d’Armor : emplois maritimes 4 920 (2,69 %)
Ille-et-Vilaine : emplois maritimes 6 134 (1,41 %)
Salaire horaire net moyen, construction/réparation navires 20,7 €
Salaire horaire net moyen, ensemble de l’économie 17,0 €

Ces chiffres, arrêtés à 2023, restent les plus récents disponibles : l’Insee précise que la part de l’économie maritime dans l’emploi départemental est restée relativement stable depuis 2018. Un document de travail méthodologique complémentaire, consacré à l’approche statistique de l’économie maritime en France, doit encore être publié par les deux auteures de l’étude pour détailler la construction de ce périmètre inédit.