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34 drones, zéro catapulte : Airbus réarme la Marine nationale en version verticale

La DGA a demandé la livraison, avant fin 2026, des 7 derniers drones Aliaca en version à décollage vertical, sans catapulte ni filet.

drone Survey Copter Aliaca

La Direction générale de l’armement vient de demander la livraison, avant la fin de l’année, des sept derniers exemplaires d’un contrat portant sur 34 systèmes de drones navals Aliaca. Nouveauté : ces sept derniers décolleront et se poseront à la verticale, sans catapulte ni filet.

Un drone déjà familier de la Marine nationale

Le U010 Aliaca, conçu par Airbus Helicopters via sa filiale Survey Copter, n’est pas un inconnu à bord des bâtiments français. La Marine nationale exploite ce petit drone à voilure fixe depuis 2019, d’abord embarqué sur un patrouilleur hauturier. Une commande complémentaire passée en 2020 a permis d’équiper, à partir de 2022, plusieurs patrouilleurs hauturiers, des frégates de surveillance et des patrouilleurs d’outre-mer. Dans sa configuration d’origine, l’appareil décolle grâce à une catapulte et se récupère dans un filet tendu sur le pont, deux équipements qui occupent de la place et demandent du matériel dédié.

La DGA a commandé au total 34 systèmes à voilure fixe, soit 68 drones (chaque système en comprend deux). Vingt-sept de ces systèmes ont déjà été livrés. Les sept restants doivent l’être avant la fin de l’année, mais la DGA a demandé qu’ils le soient directement dans une configuration à décollage et atterrissage verticaux (VTOL), une version qu’Airbus avait présentée après des essais menés en 2024 et 2025.

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Décoller droit, sans catapulte ni filet

La version VTOL conserve l’autopilote et la liaison de données du modèle original, mais embarque une nouvelle voilure et une cellule revue pour permettre un décollage et un atterrissage verticaux. Selon Airbus, la préparation avant vol ne prend que quelques minutes, et l’appareil peut opérer dans des états de mer qui empêcheraient une récupération au filet. Les essais ont été menés par le CEPA, le centre d’essais et de réception de l’aéronautique navale, à bord d’un bâtiment de soutien et d’assistance métropolitain (BSAM) qui n’avait pourtant pas été conçu à l’origine pour mettre en œuvre des drones.

Techniquement, l’appareil pèse 25 kg au décollage, déploie une envergure de 3,5 mètres pour une longueur de 2,1 mètres, et affiche une autonomie de deux heures pour une portée de 50 km. Il embarque une caméra et une tourelle électro-optique et infrarouge stabilisée par gyroscope, avec un zoom optique 30x pour l’observation de jour comme de nuit, ainsi qu’un système d’identification automatique (AIS) capable de repérer un navire à plusieurs centaines de kilomètres.

Sa mission première reste la surveillance au-delà de l’horizon radar du navire porteur, avec transmission vidéo en temps réel au centre d’opérations : repérage de bâtiments suspects, lutte contre les trafics et la pêche illégale, recherche et sauvetage.

« Nous sommes fiers de pouvoir livrer pour la première fois la version VTOL de l’Aliaca à la Marine nationale », a déclaré Christophe Canguilhem, directeur du programme Aliaca chez Airbus Helicopters, lors de la présentation de cette version. Il ajoute que la solution est désormais « mature et disponible pour nos clients du monde entier » (propos traduits).

Des navires plus petits, une empreinte logistique réduite

L’intérêt de la version verticale ne se limite pas au confort d’emploi. En supprimant catapulte et filet, elle libère de l’espace sur le pont et allège le matériel à embarquer, ce qui doit permettre des déploiements depuis des bâtiments plus petits, qu’il s’agisse de navires de combat, de soutien, ou même de sites à terre pour appuyer le réseau de surveillance côtière. Pour la Marine nationale, c’est un moyen d’étendre la couverture de ses « jumelles déportées » à des unités qui n’auraient pas pu accueillir la version à catapulte.

Le calendrier annoncé prévoit un déploiement sur les BSAM métropolitains dès la fin de 2026, puis sur les bâtiments de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM) en 2027. La version à voilure fixe, elle, reste en service sur les navires déjà équipés : Airbus s’est engagé à la maintenir en condition opérationnelle pendant au moins sept ans, de quoi assurer une transition progressive plutôt qu’un remplacement brutal de toute la flotte de drones déjà en place.

Repère Donnée
Systèmes commandés par la DGA depuis 2022 34 (68 drones)
Systèmes déjà livrés 27
Systèmes restants, en configuration VTOL 7, attendus avant fin 2026
Masse maximale au décollage 25 kg
Autonomie / portée 2 heures / 50 km
Maintien en service de la version à catapulte au moins 7 ans

Reste une question de calendrier plus large : la DGA avait initialement prévu que les livraisons de la version VTOL débutent en mai 2026, après une campagne de qualification à terre puis en mer. L’arrivée des sept derniers systèmes avant la fin de l’année confirme que cette qualification est allée à son terme.

Pour la Marine nationale, 2027 marquera l’étape suivante, avec l’extension du nouveau système aux bâtiments ultramarins, dans des zones où la surveillance des trafics illicites et de la pêche illégale reste une mission de tous les jours.

Sources

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