1,2 MW par navire : l’armateur norvégien GMI mise encore sur l’hydrogène pour ses côtiers
L’armateur côtier norvégien GMI a commandé deux nouveaux vraquiers à propulsion hydrogène auprès de l’équipementier allemand eCap Marine, qui fournira l’ensemble du système énergétique. Une commande qui prolonge une collaboration entamée en 2025 et illustre la montée en puissance de l’hydrogène comme solution de décarbonation pour le transport maritime côtier.
Deux nouveaux vraquiers pour les côtes norvégiennes
L’armateur norvégien GMI, spécialisé dans le transport maritime côtier, a commandé deux navires neufs équipés d’une propulsion à pile à combustible hydrogène, destinés à naviguer le long des côtes de Norvège à partir de 2029. Les deux vraquiers, d’une capacité d’environ 3 000 tonnes de port en lourd chacun, seront construits au chantier Showgule Shipyards, en Inde.
Ces navires opéreront principalement le long du littoral norvégien, où la propulsion zéro émission prend une importance croissante à mesure que le secteur maritime cherche à réduire son impact environnemental dans des zones côtières et des fjords particulièrement sensibles. Il s’agit de la troisième et de la quatrième unité hydrogène commandées par GMI, dans le prolongement d’une collaboration avec eCap Marine déjà engagée en 2025.
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eCap Marine fournit l’ensemble de la chaîne hydrogène
Dans le cadre de ce contrat, l’équipementier allemand eCap Marine, basé à Winsen an der Luhe près de Hambourg, fournira l’intégralité de la solution hydrogène pour les deux navires. Le périmètre comprend les systèmes de stockage d’hydrogène comprimé, la technologie de piles à combustible PEM (à membrane échangeuse de protons) d’une puissance de 1,2 mégawatt par navire, ainsi que les systèmes de gestion de l’énergie, de contrôle et de sécurité nécessaires aux applications maritimes.
« Notre ambition est de devenir un armateur de référence dans le transport maritime à hydrogène. Ces nouvelles constructions sont une nouvelle étape importante dans cette direction, et nous sommes heureux de poursuivre cette aventure avec eCap Marine », a déclaré Torstein Holvik, directeur général de GMI, propos traduits et rapportés par le magazine britannique Motorship.
« Cette nouvelle commande de GMI démontre la confiance croissante accordée à l’hydrogène comme solution viable pour les applications maritimes », a pour sa part indiqué Lars Ravens, directeur général d’eCap Marine, propos également traduits, en précisant que l’entreprise mettra à profit son expérience acquise sur de précédents projets hydrogène pour ces nouvelles unités.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Nombre de navires | 2 vraquiers côtiers |
| Port en lourd | Environ 3 000 tonnes chacun |
| Puissance pile à combustible | 1,2 MW par navire (PEM) |
| Chantier constructeur | Showgule Shipyards (Inde) |
| Zone d’exploitation | Côtes de Norvège |
| Entrée en service prévue | 2029 |
Un pari sur l’hydrogène qui s’inscrit dans la durée
Avec ces deux nouvelles unités, GMI positionne la propulsion hydrogène comme un axe central de sa stratégie de flotte à long terme, tandis qu’eCap Marine apporte la technologie intégrée nécessaire à leur exploitation. L’équipementier allemand avait déjà fourni un système similaire, le H2PowerPac, pour la conversion du navire de soutien offshore Coastal Liberty, dont les premiers mois d’exploitation à l’hydrogène ont été jugés concluants par l’entreprise. eCap Marine a également signé, en 2025, des contrats pour fournir des solutions hydrogène à l’armateur norvégien Møre Sjø et pour des porte-conteneurs courte distance de l’opérateur Samskip.
Sur le littoral norvégien, particulièrement contraint par la géographie des fjords et la réglementation environnementale, la propulsion hydrogène s’impose progressivement comme une alternative crédible face aux moteurs thermiques classiques pour les navires de cabotage de taille moyenne. Reste à savoir si ce modèle, encore circonscrit à quelques armateurs pionniers et à des trajets courts, parviendra à s’étendre à une flotte plus large dans les années à venir, alors que le secteur maritime européen doit continuer de réduire ses émissions.

Les deux nouveaux vraquiers de GMI doivent entrer en service en 2029, portant à quatre le nombre de navires à hydrogène de l’armateur norvégien conçus en partenariat avec eCap Marine.
La Norvège fait figure de terrain d’essai privilégié pour ces technologies : le pays combine un vaste réseau de cabotage entre fjords, une électricité déjà largement décarbonée grâce à l’hydroélectricité, et des zones côtières classées où les autorités locales imposent des objectifs stricts de réduction des émissions. Plusieurs armateurs norvégiens ont ainsi multiplié ces dernières années les commandes de navires à hydrogène, à batterie ou hybrides, dans des segments encore limités (petits vraquiers, ferries, navires de service) mais appelés à s’élargir si les infrastructures de ravitaillement en hydrogène vert se développent le long du littoral.
Pour eCap Marine, cette nouvelle commande de GMI confirme surtout la viabilité industrielle de son offre intégrée, du stockage de l’hydrogène comprimé jusqu’à la pile à combustible, sur un marché encore restreint mais où l’équipementier allemand a déjà accumulé plusieurs références opérationnelles, du navire de soutien offshore Coastal Liberty aux futurs porte-conteneurs courte distance de Samskip.
Sources
- Motorship, 4 septembre 2026 : article complet avec citations de Torstein Holvik (GMI) et Lars Ravens (eCap Marine), propos traduits de l’anglais.
- Mer et Marine, 10 septembre 2026 : confirmation de l’annonce et contexte de la collaboration GMI/eCap Marine.