5 milliards d’euros : Masdar et Luxcara préparent une offensive dans l’éolien en mer allemand

L’émirati Masdar et l’allemand Luxcara ont signé un protocole d’accord pour explorer un investissement conjoint de plus de 5 milliards d’euros dans l’éolien en mer et le stockage par batteries. Une annonce faite en marge d’une visite d’État qui confirme l’appétit des Émirats arabes unis pour le marché énergétique allemand.

Un protocole d’accord entre un géant émirati et un développeur allemand

Masdar, l’investisseur public émirati dans les énergies renouvelables basé à Abou Dabi, et Luxcara, gestionnaire allemand d’actifs spécialisé dans les infrastructures d’énergie renouvelable, ont signé un protocole d’accord (memorandum of understanding, MoU) portant sur l’exploration d’un investissement conjoint supérieur à 5 milliards d’euros. Ce montant couvrirait des projets d’éolien en mer, de stockage par batteries et, potentiellement, d’autres technologies, en Allemagne et au-delà.

éoliennes en mer

L’accord, annoncé à l’occasion d’une visite d’État des Émirats arabes unis en Allemagne, reste à ce stade un cadre d’exploration : sa mise en œuvre effective est subordonnée à la conclusion d’accords définitifs entre les deux groupes, ainsi qu’à l’obtention des autorisations réglementaires habituelles pour ce type de projet énergétique transfrontalier.

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Éolien offshore et stockage par batteries, deux piliers du futur réseau européen

Selon Masdar et Luxcara, ce partenariat viserait à couvrir deux composantes jugées de plus en plus stratégiques pour le futur système énergétique européen. D’un côté, le stockage par batteries, appelé à jouer un rôle croissant dans le renforcement de la flexibilité et de la fiabilité des réseaux électriques, confrontés à la part grandissante des énergies intermittentes. De l’autre, l’éolien en mer, qui fournit des volumes importants d’électricité produite localement, sans dépendre des importations d’énergies fossiles.

Luxcara développe actuellement deux parcs éoliens en mer en Allemagne : Waterekke, d’une puissance de 1,5 gigawatt, et Waterkant, de 300 mégawatts. Ce sont potentiellement ces projets, ou leurs développements ultérieurs, qui pourraient bénéficier en priorité du soutien financier de Masdar si le partenariat venait à se concrétiser au-delà du simple protocole d’accord.

Masdar accélère son ancrage dans l’éolien en mer européen

Cette annonce s’inscrit dans une stratégie d’expansion déjà bien engagée de Masdar sur le marché européen de l’éolien en mer. En Allemagne, l’émirati possède déjà, aux côtés de l’espagnol Iberdrola, le parc éolien en mer Baltic Eagle, dans le cadre d’un partenariat stratégique de 15 milliards d’euros signé en décembre 2023 entre les deux groupes. L’an dernier, Masdar avait également pris une participation dans le parc britannique East Anglia Three, présenté par les deux partenaires comme l’une des plus importantes transactions du secteur de la décennie.

Le portefeuille européen de Masdar dans l’éolien en mer comprend par ailleurs des participations dans les projets Dogger Bank South, aux côtés de l’électricien allemand RWE, dans les parcs Dudgeon et Dudgeon Extension, avec le norvégien Equinor et le chinois China Resources, ainsi que dans le parc londonien London Array, détenu avec RWE, la caisse de dépôt canadienne CDPQ et le fonds Greencoat. Une accumulation de participations qui illustre la volonté de l’investisseur émirati de diversifier ses positions sur l’ensemble des grandes façades maritimes européennes, de la Manche à la mer Baltique.

Chiffre Donnée
Plus de 5 milliards d’euros Investissement conjoint envisagé par Masdar et Luxcara
1,5 GW Puissance du parc éolien en mer Waterekke (Luxcara)
300 MW Puissance du parc éolien en mer Waterkant (Luxcara)
15 milliards d’euros Partenariat stratégique Masdar-Iberdrola signé en 2023

Le protocole d’accord entre Masdar et Luxcara n’en est, pour l’heure, qu’à ses débuts : les deux groupes doivent encore négocier des accords définitifs avant de pouvoir engager concrètement les capitaux évoqués. Son issue dépendra aussi des autorisations réglementaires allemandes et européennes nécessaires à ce type de rapprochement entre un fonds souverain émirati et un développeur d’infrastructures énergétiques. Si elle se concrétise, cette alliance viendrait néanmoins renforcer un peu plus la présence des capitaux du Golfe dans le financement de la transition énergétique européenne, aux côtés des acteurs traditionnels du secteur que sont les électriciens et les fonds d’infrastructure du continent.

Sources