Euronaval 2026 : huit entreprises bretonnes partent à la conquête de la défense navale mondiale
Du 3 au 6 novembre, huit entreprises bretonnes exposent à Euronaval, pour une filière navale régionale qui pèse 2,7 milliards d'euros et 12 000 emplois.
Du 3 au 6 novembre, le salon Euronaval réunira à Paris Nord Villepinte l’industrie mondiale de la défense navale. Douze entreprises composent cette année le pavillon régional breton, dont huit bretonnes, pour une filière qui pèse déjà 2,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires et plus de 12 000 emplois dans la région.
Un pavillon régional pour la 30e édition du salon
Euronaval fête cette année sa 30e édition. Présenté comme le salon mondial de référence consacré à la défense navale et à la sécurité maritime, l’évènement doit accueillir 26 000 visiteurs professionnels et 150 délégations officielles étrangères du 3 au 6 novembre. Pour l’occasion, un pavillon régional breton a été constitué, coordonné par Bretagne Commerce International, en partenariat avec le Pôle Mer Bretagne Atlantique et avec le soutien de Bretagne Pôle Naval. Sur les douze acteurs qui composent ce pavillon, huit sont bretons, les autres venant de régions partenaires : AEGIR (Choisy-le-Roi), Aerosoft France (Colomiers), Fosina (Nanterre) et GEPS Techno (Guérande).
Les sept entreprises bretonnes identifiées, aux côtés de Brest Métropole, dessinent le visage d’une filière où se mêlent très petites structures et PME en croissance : Acsystème (Rennes, 30 collaborateurs, 2,2 millions d’euros de chiffre d’affaires), Armor-X (Saint-Renan, 12 collaborateurs), Bord à Bord (Plestin-les-Grèves, 40 collaborateurs, 3,88 millions d’euros de chiffre d’affaires), Keys4Sea (Ploemeur, 10 collaborateurs), Le Quéré (Brest, 5 collaborateurs), Legendre Celtic (Brest, 22 collaborateurs) et SEA.AI (Brest, 10 salariés).
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Drones navals, intelligence artificielle et vision maritime
Ces entreprises viennent présenter des innovations qui illustrent les nouveaux terrains de la défense navale : les drones maritimes, l’intelligence artificielle, la surveillance des espaces maritimes et les systèmes autonomes. Bord à Bord expose ses drones navals de surface Navibot. SEA.AI met en avant ses systèmes de vision maritime reposant sur l’intelligence artificielle, conçus pour détecter des obstacles ou des embarcations en mer. Le Quéré présente en première mondiale BOAXT, un drone naval conteneurisé destiné aussi bien à la défense qu’aux applications offshore civiles.
Cette présence bretonne au salon n’est pas qu’une vitrine commerciale : elle traduit une filière navale régionale déjà solidement installée. Selon les données du GICAN (le groupement des industries de construction et activités navales) pour 2024, l’industrie navale bretonne représente environ 2,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 12 413 emplois et 155 établissements. La seule défense maritime y pèse 20 308 emplois, soit 29 % de l’ensemble des emplois maritimes bretons, un volume en hausse de 2 % entre 2019 et 2024, à contre-courant de la tendance observée dans d’autres filières industrielles régionales.
Ce pavillon régional ne sort pas de nulle part : il s’appuie sur un réseau d’acteurs publics déjà bien installé en Bretagne. Bretagne Commerce International est l’agence régionale chargée d’accompagner les entreprises bretonnes à l’export, un rôle qu’elle endosse ici en coordonnant la présence du pavillon à Euronaval. Le Pôle Mer Bretagne Atlantique, pôle de compétitivité dédié à l’économie maritime, et Bretagne Pôle Naval, qui fédère les acteurs de la construction et de la réparation navales régionales, complètent ce dispositif de soutien. Cette organisation collective permet à des entreprises de cinq à quarante salariés de bénéficier d’une visibilité qu’elles n’auraient probablement pas les moyens de financer seules sur un salon de l’ampleur d’Euronaval.
L’Europe, cible prioritaire, puis le Golfe et l’Asie-Pacifique
Pour ces entreprises, souvent de taille modeste au regard des géants du secteur, Euronaval sert avant tout de tremplin vers l’export. L’Europe reste la cible commerciale prioritaire des entreprises du pavillon breton, portée par les enjeux de souveraineté, de surveillance maritime et de modernisation des flottes qui traversent l’ensemble du continent depuis le début de la guerre en Ukraine. Le Moyen-Orient, le Golfe et l’Asie-Pacifique sont également jugés très prometteurs par les exposants, deux zones où la demande en équipements de surveillance et de défense navale reste soutenue.
Cette ambition à l’export s’inscrit dans un climat plus large de réarmement naval, où les grands salons spécialisés jouent un rôle de catalyseur commercial pour les PME comme pour les grands groupes. Pour des structures de dix à quarante salariés comme Armor-X, Keys4Sea ou Le Quéré, décrocher un premier contrat international lors d’un salon de cette ampleur peut transformer en quelques mois la trajectoire de l’entreprise, bien plus qu’une campagne de prospection classique.
| Entreprise | Ville | Effectif | Chiffre d’affaires |
|---|---|---|---|
| Acsystème | Rennes | 30 | 2,2 M€ |
| Bord à Bord | Plestin-les-Grèves | 40 | 3,88 M€ |
| Legendre Celtic | Brest | 22 | non communiqué |
| Armor-X | Saint-Renan | 12 | non communiqué |
| Keys4Sea | Ploemeur | 10 | non communiqué |
| SEA.AI | Brest | 10 | non communiqué |
| Le Quéré | Brest | 5 | non communiqué |
Rendez-vous est donc pris du 3 au 6 novembre à Paris Nord Villepinte, porte de Paris, pour mesurer les retombées concrètes de cette présence bretonne sur les carnets de commandes de ces petites entreprises. Au-delà du salon lui-même, cette mobilisation régionale confirme une tendance de fond observée depuis plusieurs années en Bretagne : celle d’une filière de défense navale qui continue de créer des emplois alors que la demande mondiale en équipements de surveillance, de drones et de systèmes autonomes ne cesse de croître, portée par un contexte géopolitique international qui pousse aujourd’hui de nombreux pays à moderniser leur flotte militaire.