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500 pieux en mer Baltique : la Pologne verrouille son indépendance gazière

Plus de 500 pieux forment les fondations du second terminal gazier flottant polonais de la baie de Gdańsk. Mise en service visée au premier trimestre 2028.

500 pieux en mer Baltique

Plus de 500 pieux d’acier viennent d’être enfoncés dans la baie de Gdańsk pour former les fondations du futur terminal gazier flottant polonais. Varsovie veut ainsi se doter d’une deuxième porte d’entrée maritime pour son gaz, dans les délais et le budget prévus.

Un quai sur 500 pieux, posé dans les temps

L’opérateur polonais du réseau de transport de gaz GAZ-SYSTEM a achevé le battage de plus de 500 pieux en acier, qui forment désormais les fondations du quai du futur terminal FSRU (unité flottante de stockage et de regazéification) de la baie de Gdańsk, en mer Baltique. Selon le président de GAZ-SYSTEM, Sławomir Hinc, cité par le site spécialisé Offshore Energy, « le terminal dispose désormais de fondations physiques solides ».

Ce chantier maritime s’accompagne d’un second ouvrage, plus discret : un microtunnel de plus d’un kilomètre, creusé en août 2026 sous une forêt, des dunes et une plage à Górki Zachodnie, afin d’y faire passer le gazoduc qui reliera le terminal à la partie terrestre du réseau. Le recours à cette technique de forage souterrain, plutôt qu’à une tranchée ouverte, permet d’éviter de perturber un littoral à la fois boisé et fréquenté, tout en garantissant un passage continu pour la canalisation. Ce gazoduc, qui doit relier Gdańsk à Gustorzyn, a passé avec succès ses tests en septembre 2026. Le tunnelier utilisé pour le percement reste pour l’instant sous le fond marin, sa récupération étant en cours de préparation.

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Une deuxième porte d’entrée pour le gaz polonais

Le projet doit permettre à la Pologne d’ajouter un point d’entrée supplémentaire pour l’importation de gaz naturel liquéfié par voie maritime, en complément du terminal existant de Świnoujście. Le ministre de l’Énergie, Miłosz Motyka, résume l’enjeu en ces termes : « développer l’infrastructure gazière renforce directement la Pologne en sécurisant son approvisionnement énergétique », selon les propos traduits rapportés par Offshore Energy.

Le secrétaire d’État à l’Énergie, Wojciech Wrochna, plénipotentiaire du gouvernement pour les infrastructures énergétiques stratégiques, présente de son côté le franchissement de cette étape comme une nouvelle avancée vers la mise en service d’une installation capable d’accroître la capacité polonaise d’importation de gaz par la mer. Au terme du projet, c’est un navire nommé Solidarity qui livrera, après regazéification, le gaz importé aux clients du réseau polonais.

La partie offshore du chantier est confiée à un consortium réunissant les entreprises GAP, FABE (via sa filiale FABE Polska) et UNITEK. Son directeur de contrat adjoint, Łukasz Radomski, décrit le principal défi du chantier comme logistique : coordonner le matériel, les navires et les équipes travaillant simultanément en mer et à terre.

Ce second terminal, baptisé GNL Gdańsk, n’est pas un projet isolé dans la politique énergétique polonaise. Il a obtenu, dès mars 2020, le statut de projet d’intérêt commun (PCI) de l’Union européenne, au titre du corridor prioritaire d’interconnexion gazière nord-sud en Europe centrale, orientale et du Sud-Est. Il figure également sur la liste des infrastructures gazières critiques du plan REPowerEU, dont l’objectif est de réduire la dépendance de l’Union aux combustibles fossiles russes. La Commission européenne avait d’ailleurs accordé, en 2023, une aide pouvant atteindre 19,6 millions d’euros au titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE Énergie), afin de financer les études préparatoires et la conception du projet, qui prévoit une capacité de regazéification d’environ 6,1 milliards de mètres cubes de gaz par an, extensible selon la demande.

Objectif 2028, dans un contexte de sécurité énergétique européenne

Au-delà de la seule capacité d’importation, les autorités polonaises présentent ce second terminal FSRU comme un outil de diversification des approvisionnements, destiné à renforcer la robustesse du système gazier national et, par extension, du système régional et donc européen. L’enjeu dépasse les frontières polonaises : depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, plusieurs pays d’Europe centrale et orientale ont cherché à réduire leur dépendance au gaz russe en développant leurs propres capacités de regazéification de GNL importé par mer, notamment depuis les États-Unis ou le Qatar.

Le projet polonais s’inscrit dans cette logique plus large de sécurisation énergétique du flanc oriental de l’Union européenne, au moment où plusieurs capitales européennes cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement en gaz. La construction d’un second terminal flottant permettrait à la Pologne de ne plus dépendre d’un unique point d’entrée maritime pour son gaz importé, et de disposer d’une capacité de secours en cas d’incident ou de maintenance programmée sur l’installation existante de Świnoujście.

Étape Calendrier
Dragage et mesures bathymétriques achevés en 2025
Microtunnel du gazoduc (plus d’1 km) creusé en août 2026
Tests du gazoduc Gdańsk-Gustorzyn réussis en septembre 2026
Battage de plus de 500 pieux du quai achevé en octobre 2026, dans les délais et le budget
Montage des plateformes et gazoduc sous-marin prochaines étapes
Mise en service, arrivée du FSRU prévue début 2028

Les équipes de GAZ-SYSTEM et de ses partenaires doivent désormais procéder au montage des plateformes du terminal et préparer la construction du gazoduc sous-marin qui complétera le raccordement. En parallèle, l’unité flottante elle-même poursuit son aménagement dans un chantier naval sud-coréen, à Ulsan, avant son transfert vers la Baltique. GAZ-SYSTEM table sur une mise en service au premier trimestre 2028, avec l’arrivée du FSRU Solidarity sur site à cette date.

D’ici là, le chantier de la baie de Gdańsk restera scruté par les acteurs de l’énergie en Europe centrale, pour qui chaque étape franchie dans les délais, après plusieurs mois de retard liés à des défauts constatés sur de premiers lots de pieux fournis par un consortium turco-polonais, vaut confirmation que le calendrier de 2028 reste tenable. Les lots de pieux mis en cause avaient été fabriqués dans une aciérie en Algérie, pour compte du consortium chargé de la partie offshore, avant d’être finalement validés après vérification des soudures jugées défectueuses.

Sources

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