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30 ans et un cœur neuf : le patrouilleur Cormoran entame sa remotorisation à Concarneau

Le patrouilleur Cormoran rejoint Concarneau pour une remotorisation complète de six mois assurée par Piriou Naval Services, avant ses jumeaux en 2027.

patrouilleur Cormoran entame sa remotorisation à Concarneau

À l’aube de ses 30 ans de service, le patrouilleur de service public Cormoran a rejoint le port de Concarneau pour un arrêt technique majeur d’environ six mois, confié à Piriou Naval Services. Au menu : un changement complet de ses moteurs, qui doit lui offrir plusieurs années de service supplémentaires au sein de la Marine nationale.

Un changement de moteurs pour prolonger la vie du navire

Basé à Cherbourg, le Cormoran (P677) a quitté la Manche pour rejoindre le port finistérien de Concarneau, où il a été mis au sec sur l’aire de réparation navale au début du mois d’octobre. Mis en service le 29 octobre 1997, ce patrouilleur de service public (PSP) de la classe Flamant va bénéficier d’une remotorisation complète : ses moteurs d’origine, après près de trois décennies de navigation, seront intégralement remplacés. L’opération, qui doit durer environ six mois, est assurée par Piriou Naval Services (PNS), la filiale de maintien en conditions opérationnelles du groupe naval concarnois Piriou.

Cette remotorisation n’est pas un cas isolé : ses deux navires jumeaux, le Flamant et le Pluvier, doivent à leur tour rejoindre les chantiers de Concarneau pour la même opération en 2027. Les trois bâtiments, qui forment l’intégralité de la classe Flamant, seront ainsi progressivement modernisés pour continuer à remplir leurs missions au large des côtes françaises.

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Des patrouilleurs qui doivent tenir jusqu’au milieu des années 2030

Construits au milieu des années 1990 et longs de 54 mètres, les patrouilleurs de la classe Flamant affichent un déplacement de 300 tonnes à vide et jusqu’à 477 tonnes à pleine charge, pour un équipage d’une vingtaine de marins. Armés de deux mitrailleuses de 12,7 mm et dotés d’une annexe semi-rigide, ils assurent des missions de surveillance des pêches, de recherche et de sauvetage, ainsi que la surveillance de la zone économique exclusive française jusqu’à 200 milles nautiques. Ils disposent également de capacités de lutte antipollution et d’une lance à eau pour la lutte contre l’incendie.

Leur remplacement par les futurs patrouilleurs hauturiers (PH), programme destiné à renouveler plusieurs classes de bâtiments de surveillance de la Marine nationale, dont la classe Flamant, les patrouilleurs D’Estienne d’Orves et les P400, a été repoussé à plusieurs reprises. Sept unités du premier lot ont été commandées en 2023, pour des mises en service étalées entre 2027 et 2031, les trois dernières unités du programme devant, elles, être financées par un budget ultérieur et entrer en service d’ici 2035. Les trois navires de la classe Flamant devraient donc rester en service jusqu’au milieu des années 2030, ce qui explique le choix d’investir dans une remotorisation lourde plutôt que d’attendre une livraison de remplaçants encore incertaine. Pour la Marine nationale, prolonger la vie de bâtiments déjà amortis reste souvent plus rapide et moins coûteux que d’engager un nouveau programme de construction.

Les futurs patrouilleurs hauturiers, nettement plus imposants que la classe Flamant, doivent couvrir un éventail de missions élargi : patrouille maritime, protection des eaux nationales, escorte de sous-marins, évacuation, surveillance et interception. Leur autonomie annoncée de 6 000 milles nautiques et leur capacité à tenir jusqu’à 30 jours en mer, associées à un sonar actif permettant de suivre des sous-marins, une tâche jusque-là peu confiée à des patrouilleurs, doivent leur permettre d’assumer un rôle plus large que celui de leurs prédécesseurs.

Un savoir-faire naval qui irrigue l’économie bretonne

Pour Concarneau et le groupe Piriou, ce type de chantier illustre le poids de la filière de maintenance navale militaire dans l’économie locale. Piriou Naval Services, créée pour répondre spécifiquement aux besoins de maintien en conditions opérationnelles des flottes publiques et militaires, est devenue au fil des années un acteur clé des arrêts techniques de la Marine nationale sur la façade atlantique, aux côtés d’autres sites bretons comme Brest ou Lorient. L’économie maritime bretonne dans son ensemble représente aujourd’hui plus de 70 000 emplois, selon les chiffres régionaux, et la réparation navale y occupe une place importante, entre chantiers civils et militaires.

Le groupe concarnois n’intervient d’ailleurs pas seulement sur l’entretien des navires existants : il fait partie des chantiers retenus pour construire les futurs patrouilleurs hauturiers, le programme destiné à remplacer à terme la classe Flamant. Selon les informations disponibles, le premier de ces nouveaux bâtiments construits par Piriou, le Trolley de Préveaux, doit être lancé début 2026 pour une mise en service en 2027, suivi d’un second exemplaire, le Chief Petty Officer Nonen, attendu en 2029. De quoi faire de Concarneau un point de passage incontournable, à la fois pour la maintenance des patrouilleurs vieillissants et pour la construction de leurs successeurs.

Donnée Valeur
Mise en service du Cormoran 29 octobre 1997
Longueur / déplacement 54 m / jusqu’à 477 tonnes
Équipage environ 21 marins
Durée de l’arrêt technique environ 6 mois
Navires jumeaux à remotoriser en 2027 Flamant, Pluvier

À l’issue de ses six mois de travaux à Concarneau, le Cormoran devrait reprendre la mer avec une propulsion neuve, capable de le maintenir en ligne jusqu’à l’arrivée, encore hypothétique dans le calendrier, des futurs patrouilleurs hauturiers. Le Flamant et le Pluvier suivront le même chemin vers les chantiers finistériens en 2027, prolongeant d’autant la présence de cette classe de navires, trentenaire mais toujours indispensable à la surveillance des approches maritimes françaises.

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