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Un port romain mis au jour en bord de Rance, en Bretagne

Des fouilles à Taden, près de Dinan, ont révélé un quai, un canal et des bâtiments antiques : le premier port romain jamais fouillé en Armorique.

port romain mis au jour en bord de Rance

Avant la création de bassins destinés à recevoir les sédiments retirés de la Rance, des fouilles menées à Taden, près de Dinan, ont mis au jour un quai, un canal et des fondations de bâtiments antiques. Une découverte présentée comme le premier port romain fouillé en Armorique.

Un port que l’on savait exister, sans en connaître l’emplacement exact dans les Côtes-d’Armor

Les archéologues avaient depuis longtemps la conviction qu’un port avait existé à Taden, un bourg des rives de la Rance au nord-ouest de Dinan. Ce que les fouilles récentes ont permis, en revanche, c’est de localiser précisément cette installation et de comprendre comment elle était aménagée. Sur le site dit de La Cale, présenté jeudi 8 octobre, les équipes ont dégagé un quai d’amarrage, un canal et les fondations de plusieurs bâtiments, qui dessinent ensemble l’organisation d’une activité portuaire antique jusqu’ici seulement supposée.

port romain mis au jour en bord de Rance

Le terrain concerné a été acheté par la Région Bretagne : il doit à terme accueillir des sédiments retirés de la Rance, afin de maintenir une profondeur d’eau suffisante pour la navigation. C’est en amont de cet aménagement, dans le cadre d’un diagnostic archéologique préalable aux travaux, que les vestiges ont été mis au jour.

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Taden, port d’un chef-lieu antique situé à quinze kilomètres

Le choix de ce site n’a rien d’un hasard. À l’époque gallo-romaine, Taden fonctionnait comme un port rattaché à Corseul, antique Fanum Martis, chef-lieu de la civitas des Coriosolites dont le territoire couvrait la majeure partie des actuelles Côtes-d’Armor, en débordant sur l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan.

Une villa gallo-romaine avait déjà été fouillée à Taden entre novembre 2005 et mars 2006, après avoir été repérée dès 1987 par prospection aérienne. Organisée en trois ailes autour d’une cour, elle comprenait une partie résidentielle d’environ 1 000 m², des thermes complets chauffés par hypocauste, une salle de réception, une cuisine et plusieurs dépendances agricoles. Datée du Ier au IIIe siècle de notre ère, elle avait été abandonnée à la fin du IIIe siècle avant d’être partiellement démantelée pour en récupérer les matériaux, avec une occupation plus tardive qui s’est maintenue jusqu’au haut Moyen Âge selon certains indices.

vestiges d’un port romain découverts à Taden dans les Côtes-d’Armor

La découverte du port vient ainsi compléter un paysage archéologique déjà documenté : celui d’un établissement rural cossu, connecté par voie fluviale à un chef-lieu administratif situé à une quinzaine de kilomètres.

Cette mise au jour n’a rien d’une fouille programmée de longue date : c’est bien le projet d’aménagement porté par la Région Bretagne, la création de bassins destinés à recevoir les sédiments retirés de la Rance, qui a rendu nécessaire un diagnostic archéologique préalable sur le terrain de La Cale. C’est à l’occasion de ce diagnostic que le quai, le canal et les fondations de bâtiments ont été mis au jour. La villa gallo-romaine voisine, fouillée en 2005-2006 à l’occasion de l’aménagement d’une zone d’activité par la communauté de communes de Dinan, avait elle aussi été découverte dans ce même type de démarche, après un premier repérage par prospection aérienne dès 1987.

Une pièce rare dans le puzzle du littoral armoricain antique

Ce qui rend la découverte de Taden exceptionnelle, selon les termes mêmes employés par la rédaction du Télégramme qui a révélé l’information, c’est qu’il s’agirait du premier port antique fouillé en Armorique. Les ports de l’Antiquité, contrairement aux villas ou aux nécropoles, laissent en effet peu de traces archéologiques directement exploitables : les installations en bois se dégradent, les quais sont souvent remaniés au fil des siècles suivants, et l’essentiel de l’activité commerciale ne laisse pas de vestiges bâtis identifiables. Disposer d’un quai, d’un canal et de fondations de bâtiments associés au même site permet donc de documenter concrètement une activité jusqu’ici reconstituée uniquement par déduction, à partir de la présence de la villa et du statut de Corseul comme chef-lieu régional.

« Les archéologues savaient qu’un port avait existé à Taden. Ils ignoraient précisément où il se trouvait et comment il était aménagé », résume l’article du Télégramme consacré à cette découverte, qui souligne que les vestiges aujourd’hui dégagés permettent enfin de combler cette inconnue.

Les prochaines étapes concernent désormais l’aménagement du terrain lui-même : la Région Bretagne doit y créer les bassins prévus pour accueillir les sédiments issus de l’entretien régulier de la Rance, un chantier qui avait motivé le diagnostic archéologique préalable à l’origine de cette découverte. Reste à savoir si des fouilles complémentaires seront engagées avant le début des travaux, afin de documenter plus finement l’extension du site portuaire et son articulation avec la villa voisine. Dans l’intervalle, cette trouvaille vient enrichir la connaissance, encore fragmentaire, du littoral armoricain à l’époque gallo-romaine.

Sources

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