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Ultimatum avant vendredi : les avocats de l’affaire Cornell Seven s’accusent de fuites

Les avocats de l'affaire Cornell Seven s'accusent de fuites ; l'un d'eux exige une rétractation avant vendredi, sous peine de poursuites.

palais de justice américain

Dans l’affaire civile visant sept anciens membres de la fraternité Chi Phi de l’université Cornell, les avocats des deux parties se sont accusés mutuellement, cette semaine, d’avoir alimenté la presse en documents confidentiels. L’avocate de l’un des accusés exige désormais une rétractation publique avant vendredi, sous peine de poursuites.

Une demande de silence médiatique qui tourne à l’affrontement

L’épisode trouve son origine dans la requête déposée début octobre par l’avocat de l’un des sept accusés, Diego Sarabia, qui demande à la justice du comté de Tompkins d’imposer des restrictions sur les déclarations publiques des parties et de leurs avocats, au motif que la couverture médiatique pourrait influencer de futurs jurés. Le 14 octobre, Thomas Giuffra, l’avocat de la plaignante connue sous le pseudonyme de Jane Doe, a répondu par un mémoire de douze pages. Il y accuse les avocats des accusés d’avoir sélectivement transmis à la presse des documents confidentiels issus de l’enquête disciplinaire menée par Cornell au titre du Title IX, la loi fédérale américaine qui impose aux établissements universitaires de traiter en interne les signalements de violences sexuelles, dans le but, selon lui, de discréditer sa cliente. Dans ce même mémoire, rapporte le site LA Magazine, Giuffra vise aussi TMZ et l’avocat Mark Geragos, comparant leur traitement de l’affaire à la couverture médiatique réservée au rappeur Sean « Diddy » Combs, qu’il cite onze fois.

La requête initiale de l’avocat de Diego Sarabia, James Knox, déposée début octobre, visait en particulier les prises de parole publiques de Thomas Giuffra lui-même. Selon The Daily Wire, l’avocat de la plaignante avait notamment déclaré au New York Post que cette demande de restriction revenait à « [le] faire taire, [lui] et Mme Doe » (propos traduits), et affirmé sur CBS News que les sept accusés n’étaient « pas tous des violeurs en réunion » mais « tous des agresseurs sexuels » (propos traduits). Il avait également qualifié de « preuve irréfutable » un message envoyé sur Snapchat par l’un des membres de la fraternité, invitant d’autres étudiants à se joindre à la soirée incriminée.

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Sarabia et Geragos démentent, et répliquent par un ultimatum

La réponse n’a pas tardé, le 15 octobre, les avocats de Diego Sarabia ont déposé à leur tour un mémoire de trois pages niant toute fuite de documents ou toute déclaration à la presse. Ils accusent Thomas Giuffra de mener sa propre campagne de communication et qualifient de pures spéculations ses propos visant Mark et Teny Geragos.

Teny Geragos, qui défend un autre des sept accusés, Winston Lee, est allée plus loin. Dans un courriel ensuite versé au dossier judiciaire, elle accuse Thomas Giuffra d’attaquer son intégrité professionnelle sans la moindre preuve, et exige une rétractation publique avant vendredi 16 octobre, sous peine d’engager des poursuites. « Je n’ai jamais divulgué aucune information, et votre suggestion du contraire est catégoriquement fausse », a-t-elle écrit (propos traduits). Interrogée par LA Magazine, elle a ajouté : « Si M. Giuffra sous-entend que je divulgue quoi que ce soit, c’est faux » (propos traduits).

Une bataille de communication sur fond d’enquête rouverte

Cet échange de mémoires s’ajoute à une liste déjà longue de rebondissements dans cette affaire, suivie au jour le jour par la presse américaine depuis la réouverture, le 28 septembre, de l’enquête pénale par le parquet du comté de Tompkins, puis la nomination de la procureure générale de l’État de New York, Letitia James, comme procureure spéciale. Plusieurs des sept accusés ont, séparément, demandé sa récusation ces derniers jours, une démarche distincte du différend sur les fuites relaté ici. Thomas Giuffra avait par ailleurs révélé avoir reçu des menaces visant sa cliente, la famille de celle-ci, ainsi que sa propre épouse, et reconnu qu’une erreur de son équipe avait conduit à nommer à tort, dans une pièce de procédure, un homme sans lien avec l’affaire, un épisode qui avait déjà conduit la juge en charge du dossier à placer sous scellés la plainte initiale.

palais de justice américain

La juge Phaedra F. Perry-Bond, qui doit encore se prononcer sur la demande de restriction des déclarations publiques formulée par la défense de Diego Sarabia, n’a pour l’instant pas tranché. L’issue de ce différend sur les fuites pourrait peser sur sa décision : plus les avocats s’accusent publiquement les uns les autres, plus l’argument d’une couverture médiatique susceptible d’influencer de futurs jurés gagne en consistance.

Date Événement
14 octobre Mémoire de Thomas Giuffra (avocat de Jane Doe) accusant la défense de fuites vers la presse
15 octobre Réponse des avocats de Diego Sarabia, qui nient toute fuite
15-16 octobre Teny Geragos (avocate de Winston Lee) exige une rétractation publique avant vendredi
En attente Décision de la juge Phaedra F. Perry-Bond sur la demande de restriction des déclarations publiques

Reste à savoir si Thomas Giuffra se rétractera avant l’échéance fixée par Teny Geragos, ou si cette dernière mettra sa menace de poursuites à exécution. Une action en diffamation viendrait ajouter un nouveau front judiciaire à une affaire qui en compte déjà plusieurs : la procédure civile initiale, l’enquête pénale rouverte par le parquet du comté de Tompkins, et les multiples requêtes en récusation visant la procureure spéciale Letitia James.

Dans tous les cas, ce nouvel épisode illustre la tension grandissante autour d’un dossier où la bataille judiciaire se joue aussi, chaque jour davantage, dans les colonnes de la presse américaine.

Sources

  • LA Magazine, article du 15 octobre 2026, mis à jour le 16 octobre, détaillant les mémoires déposés par les deux parties.
  • The Daily Wire, article du 12 octobre 2026 sur la requête initiale de restriction des déclarations publiques déposée par la défense de Diego Sarabia.

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