Un vote jusqu’au 6 novembre : les enseignants de Cornell somment leur président de s’expliquer
Des enseignants de Cornell ont lancé un vote de défiance contre leur président jusqu'au 6 novembre, pendant qu'une bataille judiciaire vise Letitia James.
Des membres du corps enseignant de l’université Cornell ont ouvert, jeudi 29 octobre, un vote de défiance contre le président Michael Kotlikoff, dans la foulée de l’affaire dite « Cornell Seven ». Au même moment, deux des étudiants mis en cause tentent d’écarter la procureure générale de New York de l’enquête pénale rouverte sur ce dossier.
Un vote de défiance sans précédent contre le président de l’université
Le vote, lancé le 29 octobre 2026 par des enseignants de Cornell, doit se poursuivre jusqu’au 6 novembre. Il n’a pas de valeur contraignante, mais sa portée symbolique serait lourde pour la direction de l’université s’il aboutissait : il signifierait que le corps enseignant ne fait plus confiance à son président, Michael Kotlikoff. Le déclencheur en est l’affaire « Cornell Seven », du nom donné à la plainte déposée le mois dernier par une étudiante identifiée sous le pseudonyme de « Jane Doe », qui vise sept étudiants liés à une fraternité du campus.
Paul Ortiz, principal parrain de la résolution de défiance, affirme que des centaines de personnes, étudiants, membres du personnel, enseignants et anciens élèves confondus, lui ont rapporté que cette affaire n’était « que la partie émergée de l’iceberg » d’un problème plus large au sein de l’université (propos traduits). Une vingtaine d’enseignantes des départements de sciences et d’ingénierie ont par ailleurs écrit aux administrateurs de Cornell pour demander la démission du président. Leur lettre dénonce un « vide de leadership » et affirme que « ce que notre communauté attendait, c’était une direction claire » (propos traduits).
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Suspension, exclusions, puis excuses du président
Face à la plainte, l’université avait d’abord suspendu la fraternité concernée ainsi que les membres impliqués, avant d’exclure deux d’entre eux. Mercredi 28 octobre, les enseignants ont débattu de l’opportunité de reporter le vote de défiance : certains plaidaient pour davantage de patience, d’autres y voyaient au contraire une réponse nécessaire à ce qu’ils perçoivent comme une réticence institutionnelle à agir avec la fermeté attendue. Le président Kotlikoff a lui-même présenté ses excuses, se disant « profondément désolé » pour le préjudice subi par la plaignante, et s’est dit « consterné » par les faits survenus en 2024 au sein de la communauté de Cornell (propos traduits).
L’affaire, qui agite le campus de Cornell depuis plusieurs semaines, a déjà donné lieu à plusieurs épisodes très suivis par la presse américaine : enquête indépendante confiée à l’ancienne procureure fédérale Sally Yates, motions de récusation, menaces de mort visant certains protagonistes, moratoire réclamé par des associations étudiantes, et jusqu’à l’annonce d’un documentaire Netflix consacré au dossier. Le président de Cornell n’avait rompu le silence sur l’affaire qu’au début du mois d’octobre, reconnaissant que l’université « devait faire mieux » (propos traduits).
La bataille parallèle autour de la procureure générale de New York
En parallèle du dossier universitaire, une bataille judiciaire se joue sur la conduite de l’enquête pénale, rouverte par l’État de New York. Deux des hommes mis en cause ont demandé le retrait de la procureure générale Letitia James de cette enquête, au motif qu’elle aurait publiquement affiché son soutien à la plaignante avant même sa nomination au poste de procureure. Le bureau de Letitia James a qualifié ces demandes de « sans fondement » (propos traduits). Un juge s’est néanmoins montré sceptique à l’égard de l’une de ces requêtes lors d’une audience fin octobre, sans toutefois se prononcer définitivement sur une éventuelle récusation.
Une pétition demandant également l’écartement de la procureure a par ailleurs été déposée dans le comté de Sullivan, selon la presse américaine. Ce front judiciaire s’ajoute à la pression déjà exercée sur la direction de Cornell par le corps enseignant, et complique un calendrier déjà chargé pour l’université, prise entre une procédure pénale en cours et une crise de gouvernance interne. Cornell a par ailleurs confié à l’ancienne procureure fédérale Sally Yates le soin de mener un examen indépendant de la manière dont l’établissement a géré l’ensemble du dossier, une enquête dont les conclusions sont elles aussi attendues avec une attention particulière par le corps enseignant.
| Repère | Donnée |
|---|---|
| Ouverture du vote de défiance | 29 octobre 2026 |
| Clôture prévue du vote | 6 novembre 2026 |
| Étudiants visés par la plainte | 7 |
| Membres de la fraternité exclus | 2 |
| Enseignantes signataires de la lettre réclamant la démission du président | environ 20 |
Le dénouement de ce vote, attendu début novembre, ne liera pas juridiquement Michael Kotlikoff à sa démission, mais il pèsera sur la suite de son mandat si une large majorité du corps enseignant s’y prononce en sa défaveur. Sur le plan judiciaire, la question de la récusation de Letitia James devra elle aussi être tranchée, dans un dossier qui mêle désormais gouvernance universitaire, procédure pénale et pression médiatique nationale.