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10 mois entre deux livraisons : le record de cadence de Naval Group pour la Grèce

Naval Group a livré sa 2e frégate FDI à la marine hellénique, dix mois après la première. Chiffres et calendrier d'un partenariat franco-grec.

Livraison de la 2e frégate de défense et d'intervention (FDI) à la Grèce

Le 30 octobre, à Lorient, Naval Group a remis à la marine hellénique sa deuxième frégate de défense et d’intervention (FDI), le HS Nearchos. Un rythme de livraison inédit pour l’industriel français, qui confirme son pari sur l’export de ce navire de nouvelle génération.

Une cérémonie à Lorient, sous le regard de deux ministres

La cérémonie de remise du HS Nearchos s’est déroulée sur le site lorientais de Naval Group, en présence de Nikos Dendias, ministre grec de la Défense nationale, et de Catherine Vautrin, ministre française des Armées. Cette présence conjointe souligne la dimension diplomatique autant qu’industrielle de l’événement : pour la France, chaque frégate livrée à un partenaire européen pèse dans la relation bilatérale avec Athènes, dans un contexte de tensions régionales en Méditerranée orientale.

Le HS Nearchos est le deuxième exemplaire du programme FDI commandé par la Grèce, après le HS Kimon, livré en décembre 2025. Entre les deux remises, à peine dix mois se sont écoulés, une cadence que Naval Group met en avant comme une démonstration de sa capacité industrielle. Pierre Éric Pommellet, président-directeur général de Naval Group, a salué cette performance : « Only ten months after the delivery of HS Kimon, it is an honour to deliver the second FDI frigate » (propos traduits : « Seulement dix mois après la livraison du HS Kimon, c’est un honneur de livrer la deuxième frégate FDI »). Il a ajouté que le nouveau navire allait, selon lui, contribuer à la supériorité opérationnelle de la marine hellénique en mer.

Lire en complément: Dix ans après la loi, la France boucle enfin l’arrêté sur sa flotte stratégique

Un programme lancé en 2022, déjà étendu à quatre navires

Le programme FDI pour la Grèce a été lancé en 2022, dans la foulée de la commande initiale de trois frégates, assortie d’une option. Cette option a depuis été levée, portant la commande grecque à quatre unités, auxquelles s’ajoutent les cinq frégates FDI destinées à la Marine nationale française, elle-même déjà dotée de son premier exemplaire, l’Amiral Ronarc’h. Au total, le carnet de commandes FDI de Lorient dépasse donc désormais les neuf navires. Côté français, la Marine nationale dispose déjà de son premier exemplaire, l’Amiral Ronarc’h, entré en service plus tôt cette année, les quatre suivants devant être livrés progressivement au cours des prochaines années pour remplacer les frégates de surveillance et de lutte anti-sous-marine les plus anciennes de la flotte.

La suite du calendrier est resserrée : la troisième frégate grecque, le HS Formion, doit être livrée d’ici la fin de l’année 2026. Si ce délai est tenu, trois frégates FDI auront changé de mains en l’espace d’une seule année, un rythme de production que peu de chantiers européens peuvent revendiquer sur ce segment de navires de premier rang.

Au-delà de la seule livraison de coques, Naval Group met en avant la dimension industrielle partagée du programme : plus de 75 entreprises grecques participent désormais aux chantiers des frégates et des sous-marins vendus par le groupe français à la Grèce. Athènes a par ailleurs confié à Naval Group son tout premier contrat de soutien en service pour sa flotte de FDI. La maintenance et les futures modernisations seront assurées conjointement par Naval Group Hellas, la filiale grecque du groupe, et par des partenaires industriels locaux, une manière pour Paris de transformer un contrat d’armement en implantation industrielle durable.

Un navire de 4 500 tonnes taillé pour la haute intensité

La frégate FDI affiche un déplacement d’environ 4 500 tonnes et une vitesse maximale de l’ordre de 27 nœuds. Sa propulsion, de type CODAD, repose sur quatre moteurs diesel entraînant deux lignes d’arbres à hélices à pas variable. Son armement combine un canon de 76 mm pouvant tirer jusqu’à 120 coups par minute, deux tourelleaux téléopérés de 20 mm, huit missiles antinavires Exocet MM40 Block 3C, des tubes lance-torpilles MU90 et des missiles antiaériens Aster logés dans des silos verticaux Sylver, avec une capacité extensible à 32 cellules. Le navire embarque également un radar à antenne active Sea Fire, intégré dans un mât unique regroupant une soixantaine d’antennes, et peut mettre en œuvre un hélicoptère de moyen tonnage.

Le coût unitaire moyen de ce type de frégate, développement inclus, est généralement évalué autour de 700 millions d’euros. Un montant qui illustre l’enjeu financier, pour la Grèce comme pour la France, d’un programme conçu à la fois comme un outil de défense et comme un levier d’influence industrielle en Méditerranée.

Donnée Valeur
Date de livraison du HS Nearchos 30 octobre 2026, à Lorient
Précédente livraison (HS Kimon) Décembre 2025 (10 mois plus tôt)
Prochaine livraison attendue (HS Formion) Fin 2026
Frégates FDI commandées par la Grèce 4 (après levée d’option)
Frégates FDI commandées par la France 5
Déplacement d’une frégate FDI Environ 4 500 tonnes
Entreprises grecques associées au programme Plus de 75
Coût moyen unitaire estimé Environ 700 millions d’euros

Cette dynamique export dépasse d’ailleurs le seul cas grec. Quelques jours avant la livraison du HS Nearchos, Naval Group a annoncé un partenariat avec l’industrie danoise pour proposer la FDI au Danemark, qui cherche à renouveler sa flotte de surface. Une manière, pour le groupe français, de capitaliser sur la crédibilité acquise à Lorient et à Athènes pour démarcher d’autres marines européennes engagées dans un effort de réarmement naval, dans un contexte où la plupart des pays du continent cherchent à renforcer rapidement leurs capacités de premier rang.

Prochaine étape : la livraison du troisième navire avant la fin de l’année

Avec cette deuxième livraison, Naval Group consolide sa position de fournisseur de référence pour la marine hellénique, dans un marché européen des frégates où la concurrence allemande, italienne et britannique reste vive. La prochaine échéance à surveiller est la remise du HS Formion, attendue d’ici la fin de l’année 2026, qui marquerait la troisième livraison FDI en douze mois entre la France et la Grèce. Sur le plan industriel, l’enjeu pour Lorient sera de maintenir cette cadence tout en honorant en parallèle les commandes de la Marine nationale, alors que le site breton voit son carnet de commandes s’étirer sur plusieurs années.

Sources

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