700 watts, 1 390 euros : à Vannes, TEMO lance un nouveau moteur électrique pour petits bateaux
Le fabricant vannetais TEMO lance le T700, moteur hors-bord électrique réparable à 1 390 euros, alors que l'AFBE installe son siège à Vannes.
Le fabricant vannetais TEMO a dévoilé le T700, un nouveau moteur hors-bord électrique destiné aux annexes et petites embarcations, commercialisé à 1 390 euros. Son lancement illustre l’essor d’un pôle breton du bateau électrique, que l’association professionnelle du secteur vient justement de rejoindre en y installant son siège.
Le T700, un hors-bord électrique pensé pour être réparé plutôt que jeté
Présenté le 26 octobre 2026, le T700 développe une puissance de 700 W, présentée par TEMO comme équivalente à un moteur thermique de 2,5 chevaux. Il embarque une batterie amovible de 594 Wh, pour environ une heure d’autonomie à pleine puissance, et pèse 10 kg au total, dont 3 kg pour la seule batterie. Il délivre une poussée statique de 18 kg, et sa barre franche repliable ainsi que son support de fixation sont conçus pour s’adapter à différents types de bateaux.

Sa particularité tient à son architecture, baptisée « Open Machine Design » : deux plaques en aluminium accueillent le moteur, le contrôleur et la batterie, chaque élément restant accessible et remplaçable indépendamment des autres. TEMO précise que l’ouverture du moteur n’entraîne pas l’annulation de la garantie, à l’exception du pack batterie, dont l’entretien reste réservé à ses équipes ou à ses partenaires agréés. Doté d’une motorisation sans balais à entraînement direct et d’une protection IP67, le T700 sera proposé en cinq coloris, en précommande au tarif de 1 390 euros TTC, pour des premières livraisons annoncées à partir d’avril 2027. Il sera présenté au salon nautique international METSTRADE, à Amsterdam, du 17 au 19 novembre 2026.
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Vannes, nouveau point de ralliement de la filière électrique bretonne
Ce lancement intervient quelques semaines après un déménagement qui en dit long sur la dynamique du Golfe du Morbihan : début octobre, l’Association française pour le bateau électrique (AFBE) a quitté ses locaux parisiens, proches des institutions, pour installer son siège à Vannes. L’association explique vouloir se rapprocher d’un territoire où plusieurs acteurs de la filière sont déjà implantés, comme TEMO, mais aussi Naviwatt, Switch ou HYG Motors, et recherche désormais un délégué général chargé d’animer ce redéploiement. Elle a profité de l’annonce de son déménagement pour indiquer qu’elle préparait, avec EDF, une prime d’électrification de navires financée par le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE).
Le chantier Naviwatt, basé jusque-là à Arzon, a lui aussi rejoint cette année le port de Vannes, en se recentrant sur l’architecture navale, la recherche et développement et la conception de navires décarbonés, plutôt que sur la production en série de ses semi-rigides électriques et de ses catamarans-navettes. L’entreprise, qui compte cinq ingénieurs, avait notamment fourni trois bateaux électrifiés, de 12 à 25 mètres, pour le défilé nautique des Jeux olympiques de Paris en 2024. « Notre ADN, c’est le défi. Nous voulons nous recentrer sur la conception sur mesure et la recherche » (propos traduits), explique son fondateur Yannick Wileveau, qui préside également l’AFBE.
Un pôle qui dépasse largement un seul fabricant
L’arrivée du siège de l’AFBE ne fait qu’acter une concentration déjà engagée. Autour de TEMO et de Naviwatt, le Golfe du Morbihan accueille aussi Switch, spécialiste des solutions de propulsion électrique pour la plaisance, et HYG Motors, qui développe des moteurs hors-bord électriques sur un segment proche de celui de TEMO. Cette proximité géographique facilite les échanges entre industriels, mais aussi avec les donneurs d’ordre publics locaux, à l’heure où les appels d’offres pour électrifier des navettes portuaires, des bateaux de pêche côtière ou des vedettes de servitude se multiplient sur le littoral breton.
Pour l’AFBE, le choix de Vannes doit justement permettre à l’association de mieux suivre ces projets de terrain, plutôt que de rester concentrée sur le suivi réglementaire parisien.
Une filière qui mise sur les projets pilotes pour compenser le surcoût
Pour Yannick Wileveau, le marché français se distingue par son dynamisme en matière de conversion de bateaux existants : « Peu de pays ont réalisé autant de rétrofits que la France. Des projets pilotes apparaissent dans différents segments » (propos traduits), notamment dans la petite pêche, le remorquage portuaire et le transport de passagers. Un bateau électrique reste toutefois 10 % à 50 % plus cher qu’un équivalent thermique selon le cahier des charges, un écart que les professionnels du secteur espèrent compenser par l’absence d’odeurs et de vibrations, une maintenance allégée et le futur dispositif de prime porté avec EDF.
TEMO, de son côté, revendique plus de 7 500 plaisanciers déjà équipés de ses moteurs, et s’appuie sur le soutien de Bpifrance et de l’Ademe ; l’entreprise a été distinguée lauréate du concours d’innovation i-Nov, dans le cadre du plan France 2030. Le T700 vient compléter une gamme déjà composée d’une godille électrique pour annexes, premier produit de la société, et du moteur OutPod pour petits voiliers, présenté au salon Nautic 2025. Cette diversification illustre la stratégie du constructeur breton : cibler les usages de propulsion légère et de trajets courts, tout en misant sur la réparabilité pour prolonger la durée de vie de ses équipements, un argument de plus en plus recherché par une clientèle de plaisance sensible aux coûts d’entretien.
Le choix de présenter le T700 à METSTRADE, plutôt qu’à un salon purement français, n’est pas anodin : ce rendez-vous d’Amsterdam réunit chaque année les professionnels de l’équipement nautique du monde entier, et sert souvent de vitrine aux fabricants cherchant à exporter au-delà de leur marché domestique. Pour une entreprise vannetaise encore jeune, l’exposition internationale constitue un test grandeur nature face aux autres fabricants qui présenteront, eux aussi, leurs propres moteurs électriques à Amsterdam.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Puissance | 700 W (~2,5 ch équivalent) |
| Batterie | 594 Wh, amovible, 3 kg |
| Autonomie | ~1 heure à pleine puissance |
| Poids total | 10 kg |
| Poussée statique | 18 kg |
| Protection | IP67 |
| Prix (précommande) | 1 390 € TTC |
| Premières livraisons | avril 2027 |
Entre un siège associatif tout juste relocalisé, un chantier historique du Golfe du Morbihan qui se réinvente et un nouveau moteur en précommande pour un an, l’écosystème vannetais du bateau électrique avance sur plusieurs fronts à la fois. La prochaine étape sera double : la présentation du T700 à Amsterdam, mi-novembre, face à la concurrence internationale, et la concrétisation, encore à préciser, de la prime d’électrification négociée avec EDF, qui pourrait peser davantage sur l’adoption de ces technologies que n’importe quelle innovation technique.
Sources
- Bateau-électrique.com (AFBE), « TEMO dévoile le T700, un moteur hors-bord électrique conçu pour les petites embarcations », 26 octobre 2026 : caractéristiques techniques complètes et calendrier de commercialisation.
- TEMO, site officiel et actualités de l’entreprise, 22 octobre 2026 : confirmation du lancement et éléments sur l’entreprise (clientèle, soutiens publics).
- Boat Industry, « Naviwatt moves to Vannes and refocuses on naval electrical architecture » : déménagement de Naviwatt et citations de Yannick Wileveau.