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26 permis dans le Golfe du Mexique : TotalEnergies resserre son alliance avec Chevron

TotalEnergies acquiert 25% de 26 permis offshore opérés par Chevron aux Etats-Unis, en échange de deux permis adjacents dans le Golfe du Mexique.

plateforme pétrolière offshore dans le Golfe du Mexique TotalEnergies

TotalEnergies a annoncé le 28 octobre l’acquisition d’une participation de 25 % dans 26 permis d’exploration offshore opérés par Chevron au large des États-Unis, en échange d’une participation opérée de 75 % dans deux permis adjacents. L’accord renforce un partenariat déjà dense entre les deux groupes dans le Golfe du Mexique américain.

Un échange croisé de participations dans le Golfe du Mexique

Dans un communiqué daté du 28 octobre et publié depuis Paris, TotalEnergies détaille les contours de cette transaction avec l’américain Chevron. Le groupe français entre à hauteur de 25 % (participation non opérée) dans 26 permis d’exploration offshore situés entre 150 et 250 kilomètres des côtes américaines. Vingt-quatre de ces blocs se trouvent dans la zone de Green Canyon, les deux autres dans celle de Walker Ridge, deux secteurs du Golfe du Mexique que l’entreprise qualifie de « plays éprouvés », c’est-à-dire des zones géologiques dont le potentiel pétrolier est déjà bien documenté par des découvertes antérieures.

En contrepartie, Chevron acquiert auprès de TotalEnergies une participation opérée de 75 % dans deux permis d’exploration adjacents à des blocs déjà détenus conjointement par les deux groupes. Ce type d’échange croisé, fréquent dans l’industrie pétrolière offshore, permet à chaque opérateur de concentrer ses efforts d’exploration sur les zones où il dispose déjà d’une expertise géologique et d’infrastructures à proximité, plutôt que de disperser ses équipes sur des portefeuilles trop étendus. Le communiqué ne précise ni le montant financier de la transaction, ni la profondeur d’eau des blocs concernés.

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Une coopération qui s’approfondit depuis plus d’un an

Ce nouvel accord ne sort pas de nulle part. Le groupe français rappelle qu’il prolonge une collaboration qu’il qualifie lui-même de réussie avec Chevron. En juin 2025 déjà, le groupe français était entré dans 40 blocs d’exploration opérés par l’américain. Les deux compagnies partagent par ailleurs des participations dans plusieurs champs déjà en production dans le Golfe du Mexique : Ballymore, où TotalEnergies détient 40 %, Anchor (37,14 %), Jack (25 %) et Tahiti (17 %).

Nicola Mavilla, vice-président senior en charge de l’exploration chez TotalEnergies, a commenté l’accord en ces termes : « Cette transaction avec Chevron renforce notre portefeuille d’exploration conjoint aux États-Unis. » Il ajoute que l’accord donne accès à de nouvelles opportunités à fort impact, susceptibles de révéler des ressources à faibles émissions, en misant sur les forces complémentaires des deux groupes. Le communiqué ne contient en revanche aucune citation directe d’un responsable de Chevron.

Les États-Unis, pilier stratégique pour le groupe français

Cette transaction illustre l’ancrage de TotalEnergies sur le marché américain, où le groupe est présent depuis 1957. Depuis 2022, il y a investi près de 12 milliards de dollars dans le pétrole, le gaz naturel liquéfié (GNL) et l’électricité. En 2025, TotalEnergies a exporté 19 millions de tonnes de GNL depuis les États-Unis, ce qui en fait le premier exportateur américain de ce combustible devant ses concurrents. Le groupe revendique par ailleurs 10 gigawatts de capacité électrique installée sur le sol américain, tous moyens de production confondus.

Cette présence s’inscrit dans un contexte où les États-Unis sont redevenus, depuis plusieurs années, le premier exportateur mondial de GNL, porté par le développement rapide de terminaux d’exportation sur le golfe du Mexique et la côte atlantique. Pour un groupe comme TotalEnergies, multiplier les participations croisées avec un acteur aussi implanté que Chevron permet de sécuriser l’accès à de nouvelles réserves sans supporter seul le risque financier et géologique de chaque permis d’exploration.

L’annonce de ce nouvel échange de permis survient dans une semaine chargée pour TotalEnergies. Le groupe a également confirmé le versement d’une prime exceptionnelle de partage de la valeur à l’ensemble de ses salariés dans le monde, avec, en France, une avance de 1 000 euros bruts versée en octobre avant un montant définitif fixé en décembre lors des négociations obligatoires. Les 15 000 salariés du socle social commun du groupe ont par ailleurs perçu en moyenne 10 136 euros d’intéressement et de participation au titre de 2026, et une nouvelle augmentation de capital réservée aux salariés, avec une décote de 20 % et jusqu’à dix actions gratuites, doit encore renforcer un actionnariat salarié qui dépasse déjà 70 % du capital du groupe.

Sur le plan boursier, l’action TotalEnergies s’échangeait autour de 83 euros au moment de l’annonce, en légère baisse par rapport aux séances précédentes. Ni le communiqué officiel ni les reprises de la presse financière ne détaillent les termes économiques précis de l’échange de permis avec Chevron, qu’il s’agisse d’une soulte financière ou d’une simple opération d’échange d’actifs à valeur jugée équivalente par les deux groupes. Cette annonce s’ajoute à d’autres mouvements récents du groupe dans sa stratégie de portefeuille, comme la cession, quelques jours plus tôt, de 10 % de sa coentreprise Renaissance au Nigeria pour 800 millions de dollars.

TotalEnergies aux États-Unis : les chiffres clés de l’accord
Donnée Chiffre
Participation acquise 25 % dans 26 permis d’exploration offshore
Participation cédée 75 % (opérée) dans 2 permis adjacents
Localisation des blocs 150 à 250 km des côtes, zones Green Canyon (24) et Walker Ridge (2)
Investissements US depuis 2022 Près de 12 milliards de dollars
GNL exporté en 2025 19 millions de tonnes (1er exportateur américain)
Capacité électrique installée 10 GW

L’accord doit encore suivre les étapes administratives classiques de ce type de transaction entre opérateurs offshore, sans calendrier précis communiqué par les deux groupes. Il s’inscrit néanmoins dans une dynamique plus large : celle d’un marché américain de l’exploration offshore où les grands groupes internationaux, français compris, continuent de miser sur le Golfe du Mexique malgré la montée en puissance des énergies renouvelables, misant sur des gisements jugés moins émetteurs que d’autres bassins pétroliers mondiaux.

Pour l’entreprise, cette nouvelle étape confirme en tout cas que son pari américain, entamé il y a près de soixante-dix ans, reste au cœur de sa stratégie d’exploration.

Sources

  • TotalEnergies : communiqué de presse officiel du 28 octobre 2026 annonçant l’accord avec Chevron.
  • Boursorama : détails sur les mesures salariales annoncées la même semaine par le groupe, 28 octobre 2026.

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